Jusqu'au 6 mai 2009 Tournée Danse contemporaine
Le chorégraphe Kader Attou et ses danseurs de la compagnie Accrorap nous transportent tantôt en légèreté, tantôt en gravité, mais toujours en poésie dans l’univers de l’enfance.
C’est après avoir exploré des thèmes plus graves tels que l’exil, l’ennui ou encore le poids religieux que Kader Attou revient pour nous transporter cette fois-ci dans l’univers plus léger qu’est celui de l’enfance. Une légèreté qui néanmoins n’exclut pas une forte émotion que ces cinq danseurs d’une des compagnies phare du Hip Hop français rendent à merveille à travers une succession de saynètes. C’est largement inspiré des principes du court-métrage qui visent à raconter une histoire en un temps très court que Kader Attou a voulu nous conter ses souvenirs d’enfance. C’est alors que s’enchainent ces petites histoires, qui sans se ressembler, nous révèlent toutes à l’enfant qui sommeille en nous et puisent dans les réminiscences de notre propre âge tendre.
Ainsi, des corps robustes des protagonistes émane une âme d’enfant toute en fragilité, innocence et espièglerie incroyablement bien rendue par la gestuelle incertaine voire penaude adoptée par les danseurs , qui plus loin feront preuve d’une maitrise à couper le souffle dans des envolées dansées, pour certaines gorgées d’énergie, et pour d’autres débordantes de lyrisme et d’émotion. Cette richesse rendue possible par une bande son aussi éclectique qu’inattendue vient bousculer les préjugés selon lesquels le Hip Hop ne serait fidèle qu’à sa musique éponyme. Bien loin de tout ceci c’est entre autres sur des airs de classique et d’opéra que les danseurs repoussent les barrières du genre et nous offrent des moments de pure grâce. De même, là où l’on pourrait attendre cette force revendicatrice pourtant chère au Hip Hop et malgré un ancrage dans l’actualité bel et bien présent, c’est la dimension poétique qui prévaut sur tout autre chose. C’est alors que même l’évocation d’une France populaire et prolétaire s’élève dans l’imaginaire inspiré du cinéma burlesque de Chaplin et on se réjouit que la revendication sociale abdique sous une force rêveuse et lyrique.
Apporter du rêve dans un monde qui en est de plus en plus dénué, retrouver son regard d’enfant et pénétrer dans le royaume fantastique de l’imaginaire c’est le pari réussi de Kader Attou. En humour ou en gravité, en légèreté ou en émotion, nous sommes transportés, happés dans l’univers touchant de ces petites histoires et c’est comme revenant d’un merveilleux voyage, le sourire aux lèvres, que nous quittons la salle.
Charlotte Finot
2 et 3 avril : Bonlieu Scène Nationale, Annecy
7 et 8 avril : théâtre des Salins, Martigues
10 avril : théâtre de Chartre
14 avril : théâtre de Saint Quentin
22 avril : Châteaurouge, Annemasse
24 avril : théâtre de Vénissieux
28 et 29 avril : théâtre de Privas
5 et 6 mai : théâtre de Nîmes
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