Représentations du 1er avril au 3 mai 2009
Théâtre de l’Opprimé
What is done cannot be undone. C'est dans MacBeth que l'on retrouve cette phrase extrêmement célèbre et qui a fait de cette pièce un monument du Théatre.
Mais avant de revenir sur cet exercice bien compliqué qu'est de monter MacBeth, revenons sur cette pièce, connue, archi connue, mais toujours aussi universelle tant les sujets qu'elle aborde sont et resteront des sujets au coeur de la psychologie humaine.
MacBeth est une pièce inspirée de la vie de MacBeth lui-même, alors roi d'Ecosse. On y trouve tout les ingrédients nécessaires à l'élaboration d'une histoire de monarques: ambition, pouvoir, jalousie, paranoïa, violence, peché, etc... Mais là où Shakespeare s'est toujours démarqué de ses pairs et ce qui a toujours fait son génie, c'est l'irruption, un peu à la manière des romans fantastiques, du surnaturel. Les éléments non rationnels sont déclencheurs des comportements extrêmes des personnages. Dans MacBeth, le personnage principal et sa compagne sont hantés par des visions d'horreur qui les poussent alors vers la folie sanguinaire ou le suicide et intensifie l'intrigue. C'est une des pièces les plus noires du dramaturge anglais.
Malheureusement, la version de Serge Poncelet, metteur en scène de la pièce et interprète de MacBeth, s'apparente plus à un exercice de style qu'une véritable vision de la pièce. L'ambiance scénique est directement inspirée des rites et traditions asiatiques. Les chevaliers écossais sont représentés en Samouraïs se déplaçant furtivement et maniant leur sabre japonais avec une excellente dextérité. Lady MacBeth devient une gaïcha discrète, sournoise et tendre rompant alors avec la vision très maternelle d'une Lady MacBeth extrêmement forte. Ces choix stylistiques ralentissent l'immersion et atténuent le poids d'un environnement austère propre à l'Ecosse.
Ce MacBeth avait pour ambition d'être La tragédie du cauchemar. Or le jeu des comédiens n'est pas assez sombres. on peut se demander si la vision asiatique ne donne pas un ton trop clair au jeu des interprètes.
Serge Poncelet tient la pièce. Mais les monologues de Lady MacBeth sont trop vite abordés, on ne perçoit pas sa chute vers la folie. On s'y trouve confronté à un moment de la pièce sans voir véritablement la progression si chère à l'auteur.
Ce MacBeth est un exercice audacieux, courageux, dans un Théâtre difficile. ( Les gens en retard marchent sur l'espace scénique pour aller s'asseoir, ce qui gène les acteurs et les spectateurs.)
Si vous n'avez jamais vu MacBeth, choisissez plutôt d'aller voir la prochaine adaptation. Celle-ci étant destinée à un public aguerri et cherchant un peu de neuf dans le répertoire de Shakespeare.
Mathieu Metral
THEÂTRE YUNQUÉ présente MACBETH
Tragédie de William SHAKESPEARE
Mise en scène de Serge PONCELET
Adaptation et traduction d’Eric PRIGENT
Représentations du 1er avril au 3 mai 2009
En soirée les mercredis‐jeudis‐vendredis‐samedis à 20h30,
en matinée les dimanches à 17h et le samedi 2 mai à 15h.
Réservation :01 43 40 44 44.
Théâtre de l’Opprimé
78 rue du Charolais
75012 Paris
Métro : Reuilly Diderot (sortie rue de Chaligny)
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