Du 7 mai au 17 juillet 2010
Théâtre Marigny
© Pascal Victor / Artcomart
« A l'eau ! A l'eau ! », tel est le cri du Donneur de bain, qui arpente les rues de Paris en sonnant sa clochette. Il vient laver les corps, mais parviendra-t-il à purifier les âmes, souillées par les turpitudes de l'esprit humain ?
La scène est à Paris, au siècle des Romantiques, dans un immeuble habité par un savant fou, un ministre corrompu, un jeune comédien, un rentier trop pieux, une petite bonne trop sage et surtout, par Céleste, la belle prostituée dont tout le monde s'arrache les faveurs. Le donneur de bain va d'un appartement à l'autre, traînant sa baignoire en fer blanc derrière lui, recueillant des confidences sur les plus viles bassesses de l'âme humaine alors qu'il décrasse les peaux.
La troupe porte avec joie et ferveur la folie visionnaire de la mise en scène. L'immeuble, symbolisé par une masse circulaire au milieu de la scène, tourne sur lui-même pour révéler les appartements, eux-mêmes éclairés par la lumière jaune d'ampoules de fête foraine. Sur un air d'orgue de barbarie, les comédiens bondissent, jaillissent, se poursuivent et se rattrapent sans jamais s'arrêter.
Tel un Quasimodo de génie, Graham, le savant fou et difforme, est le seul à éprouver un amour pur pour Céleste, la putain égoïste, son Esmeralda de pacotille. Cet amour leur sera fatal à tous les deux, comme si la pureté, symbole de mort, n'était pas si souhaitable que semble le penser le donneur de bain. Sans avoir l'air d'y toucher, la pièce critique ainsi le monde aseptisé qui nous entoure ; et l'adresse finale de Charles Berling à son public, jouissive, est un ultime pied-de-nez à notre besoin de tout désinfecter.
Un moment de théâtre généreux, où la troupe prend autant de plaisir à être sur scène que le public à être dans la salle. Ce Donneur de bain, véritable feu d'artifice langagier, visuel et auditif, en vient presque à nous faire renifler les miasmes du corps humain, les fragrances des huiles et des parfums, la fange des égouts tout comme les vapeurs de l'absinthe. A sentir sans modération !
Le Donneur de Bain
De Dorine Hollier
Mise en scène de Dan Jemmett
Avec Barbara Schulz, Charles Berling, Bruno Wolkowitch, Alain Pralon, Dimitri Rataud, Marie Denarnaud, Geoffrey Carey
Du 7 mai au 17 juillet 2010
Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h
Durée : 2h environ
Réservations au 0 892 222 333 ou sur le site du théâtre
Tarifs : de 34 à 50€
Offres promotionnelles à -50% jusqu’au 10 juillet
Théâtre Marigny
Salle Marigny
Carré Marigny - 75008 Paris
Métro Champs Elysées - Clemenceau (lignes 1, 13)
| Stabat Mater, au Lucernaire < Préc | Suivant > Dominici au Théâtre de Paris |
|---|


















Commentaires
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.