
Jusqu'au 19 janvier 2010
Théâtre de l'Essaion
Une femme, quatre hommes, une ligne. Pendant un peu plus d’une heure, ils vont user de toutes les ruses pour être « le Premier » sur cette ligne. Mais premier à quoi ? Pourquoi autant d’obstination ?
La pièce commence par une chanson paillarde, un homme seul attend. Mais depuis combien de temps attend-il ? Un jeune homme dynamique et bavard le rejoint rapidement et ne tarde pas à lui chiper la place de premier. Vient ensuite une femme, aguicheuse. Puis un homme, réservé, richement habillé de part son statut social entre et prend la quatrième position de la file d’attente. Enfin, le dernier n’ayant pas trouvé ses chemises rejoint sa femme.
Pas le temps de s’ennuyer. Fourberies, magouilles, bagarres et sexe sont au rendez-vous. Chaque personnage agit différemment : Fleming (Pierre Benoist) le rustre résout les problèmes en cognant et en grognant ; Stéphane (Stéphane Rugraff), le jeune intellectuel ne vit que pour Mozart ; Molly (Claire Faurot), la seule femme aguiche tous ces hommes pour mieux les tromper ; Dollan (Jean Selesko) le bourgeois est aussi le plus fourbe de tous et fait « mine de rien » et enfin Arnoll (Lionel Robert), le mari cocu recherche l’amour de sa femme.
Israël Horovitz, inspiré par Ionesco et Beckett transpose la réalité, il l’enrichit et la dramatise pour lui donner l’intensité indispensable à la représentation. Cette réalité est parfois absurde pour mieux faire réfléchir, et parfois drôle pour mieux bluffer. Par cette absurdité, Israël Horovitz est l’auteur américain le plus joué en France aujourd’hui. Stéphane Rugraff, le metteur en scène de la pièce nous fait passer par différents états d’esprits : philosophique, comique, tragique…Tout est réuni pour laisser au spectateur sa propre idée de cette attente, de cette file et de cette première place. Tous les coups sont permis. Chacun a sa stratégie. Tout le monde veut être le premier. Grâce au talent de ces comédiens hors paire, cette pièce originale et percutante nous invite à penser au monde tel qu’il est en réalité.
Cette fable réaliste non dépourvue d’humour montre que chacun a sa « petite philosophie » et que la vie est faite de surprises.
Fanny Sparacca
Le Premier, d'Israël Horovitz
mise en scène: Stéphane Rugraff
avec: Pierre Benoist, Stéphane Rugraff, Claire Faurot, Jean Selesko et Lionel Robert
Jusqu'au 19 janvier 2010
Tous les lundis et mardis à 21h30
Tarifs : 20 euros, réduit : 15 euros
Informations : 01 42 78 46 42
Théâtre de l'Essaïon
6, rue Pierre au Lard
75004 Paris
métro : Rambuteau (ligne 11), Hotel de Ville (ligne 1 et 11)
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