Artistikrezo

Samedi
26 Mai
  • Connexion
  • Créer un compte
    Registration
    *
    *
    *
    *
    *
    REGISTER_REQUIRED

Le Socle des vertiges - Théâtre Nanterre-Amandiers

Le Socle des vertiges - Théâtre Nanterre-AmandiersDu 9 novembre au 4 décembre 2011

Du Congo à la France, Dieudonné Niangouna promène l'insolence de son écriture et de son talent. Hyperactif, grand parleur, prolixe, le trop-plein de son énergie éruptive éclabousse les sièges du Théâtre des Amandiers. Le Socle des vertiges, actuellement à l'affiche, interpelle, dérange, écorche peut-être même le paysage d'un théâtre convenu, parfois ronflant.


Se tenant à bonne distance du désir d'être aimé par le public ou les critiques, il a écrit, mis en scène et joue actuellement un drame, une fiction appuyée sur l'arrivée de la démocratie au Congo, dont la structure et l'intention sont volontairement éclatées sur scène. L'expérience Dieudonné Niangouna...

L'amour et la haine de Fido et Roger ont poussé du sol boueux du quartier des Crâneurs, à Brazza'. Ils remuent et dissipent l'épais mystère de leur naissance tandis qu'ils évoquent le père Joachim, instituteur découvert mort, le corps criblé de balles, la mère Jane, et cette femme qu'ils ont tous deux aimé, Diane, Diane qui porte aujourd'hui l'enfant d'un de ces deux là. La vérité de leur histoire vaudra la torture du médecin ami du père. Violence pour violence, le châtiment devient concevable et obligatoire.

Dieudonné Niangouna baigne ses récits d'une autobiographie troublante ; déjà, jouant lui-même et faisant jouer son propre frère, Criss Niangouna. En Afrique, nous y sommes, la tragédie s'accompagne de rumba locale aux solo virtuoses de guitare (un magicien-musicien opère en live). Héritier d'une indépendance bancale, l'auteur a grandi au rythme de la dévaluation, de la très fine carotte d'un progrès à plusieurs vitesses, des magouilles mafieuses et des débrouilles de son quartier, et surtout, il s'est étourdi d'une certaine ivresse procédant tour à tour de désirs frustrés, d'espoir et de désillusion, de lucidité et d'aveuglement.

La parole rageuse explose sur scène
comme le manifeste d'une souffrance aux écorchures vives. De politique, il est énorménent question et c'est parfois difficile de s'y retrouver ; les meilleurs élèves en histoire et socio-politique de l'Afrique de l'Ouest s'en tireront avec meilleure note. Toutefois, Dieudonné Niangouna, quel superbe nom, ne signe pas là un essai. Nous ne sommes pas à la programmation de France ô ou dans quelque festival aux couleurs exotiques. Le sujet est une tragédie bien réelle, encore actuelle et criée pour nous la faire entendre d'où nous sommes, c'est-à-dire à l'aise-au-chaud dans notre ignorance confortable ou notre tiède indifférence.

Si le texte s'enracine dans un certain réalisme, tout le génie, ou même le dandysme, verbeux est le joyau de nombreux monologues. Au-delà du message qu'on se prend déjà en pleine tête, il faut encore se préparer à entendre une écriture dense, poétique, aussi châtiée, légère, drôle, qu'ordurière. Niangouna s'amuse de cet héritage de la parole, plus que jamais elle est une balle lancée au frère, invitant à l'irrésistible jeu. De la folie viscérale et enlevée du texte, procède un théâtre touffu, sale gosse, espiègle. Niangouna a la grâce de l'enfant savant : il a mangé les codes pour les réinventer, les interroger, les tester. Son théâtre est celui d'un laboratoire avec une profusion de propositions : la video dont l'intervention est terroriste et choquante ; la danse ; des essais superbes avec une scénographie inventive : peu d'élements mais d'une énergie visuelle formelle. Les comédiens sont des électrons fous, vociférant parfois en boucle leur rage, ne pouvant s'en échapper.

Savant fou, professeur Frankenstein, l'auteur se présente plein feu devant une salle décimée au milieu de la pièce par les offuscations des âmes plus sensibles. Il interpèle et critique alors lui-même son œuvre. La nouveauté, la force et l'expérimentation de son art font montre d'un courage inabituel, d'une profession de foi oubliée, presque d'un autre temps où se livraient sur scène de vrais combats, la rebellion initiée dans l'anticonformisme. Avis de tempête : raffales, et vent de révolution soufflent dans nos théâtres.

Gaëlle Le Scouarnec






Le Socle des Vertiges

Texte et mise en scène de Dieudonné Niangouna

Avec Abdon Fortuné Koumbha, Ludovic Louppé, Criss Niangouna, Dieudonné Niangouna et Ulrich N’Toyo

Scénographie : Ludovic Louppé, Papythio Matoudidi et Dieudonné Niangouna // Vidéaste : Aliénor Vallet // Musicien : Pierre Lambla // Collaborateur technique : Jean-Claude Fiems // Régisseur plateau et jeu : Papythio Matoudidi

Du 9 novembre au 4 décembre 2011
À 20h30 sauf le dimanche à 15h30 — relâche le lundi

Réservations : 01.46.14.70.00

Durée : 2h15


Théâtre Nanterre-Amandiers
7, avenue Pablo Picasso
92300 Nanterre

www.nanterre-amandiers.com


 
Autres articles à lire

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Inscription Newsletter

 * 
Please update your Flash Player to view content.

Recherche

newsletter
fluxrss-artistik.jpg
titre-actualites-theatre

Olivier Guedj - Théâtre Le Lieu

Olivier Guedj - Theatre Le Lieu Jusqu'au 30 juin 2012Une  question obsède alors les spectateurs à la sortie de son spectacle mais où exerce ce dentiste de métier si hilarant,... Read more..

Ladies Night - The Full Monty en intégral - L'Alhambra

ladiesnight Du 22 juin au 29 septembre 2012Dans une société en crise, une bande de copains décide pour se sortir du chômage de faire un spectacle de striptease... Read more..

Audition annuelle de l'Ecole du Théâtre des Variétés - Théâtre des Variétés

recto Les 9 et 10 juillet 2012L’Ecole accueillera les vingt prochains apprentis comédiens sélectionnés par un collège de professeurs de l’Ecole. Read more..

La Fiancée du vent - La Folie Théâtre

Du 17 mai au 1er juillet 2012Une pièce inspirée de la romance entre le peintre surréaliste Max Ernst et l'écrivain peintre Leonora Carrington de 1938... Read more..

Christian Geffroy Schlittler, utopie 2 - Centre culturel suisse

Du 22 au 25 mai 2012Christian Geffroy Schlittler aborde les grands noms de la révolution bolchevique de manière intime et décomplexée. À l'image de... Read more..

La Belle vie - Théâtre des Variétés

Du 18 avril au 1er juillet 2012La Belle vie est née d'une formidable rencontre à la fois humaine et artistique entre la compagnie Jacques Auxenel / Annie... Read more..

Bigard - N°9 - Palais des Glaces

Du 24 août au 29 décembre 2012Jean-Marie Bigard se livre une fois de plus dans un numéro très personnel où il nous parle de ses anecdotes les plus... Read more..

Sylvain Vanstaevel - Tatavel fait l'ménage - Théâtre du Gymnase

Tatavel fait l A partir du 12 juin 2012 Dans son nouveau spectacle, l’humoriste revient sur son passé et met en scène, au travers de situations burlesques, ses premiers... Read more..

Merci monsieur Spielberg - Bunny Godillot

Merci monsieur spielberg - Bunny Godillot Lundi 14 mai 2012C'est l'histoire d'une fille qui croise des gens ett des situations de l'arrière-boutique de son père Georges 1er, Roi des Bouches à... Read more..

Tokyo Bar - Théâtre de la Tempête

Tokyo bar - Theatre de la Tempete Du 27 avril au 2 juin 2012Un couple américain échoue dans un bar d’hôtel à Tokyo… Échoue. C’est à dire « est échoué », comme un bateau... Read more..



groupefacebook
titre-menu-derniers-articles-a-lire

Jacques Collard


Personnalité incontournable du milieu du théâtre et du cinéma, grand ami de stars, Jacques Collard traverse depuis trois décennies la création théâtra...
Lire la suite...

Anri Sala - Centre Pompidou

Du 2 mai au 6 août 2012

La nouvelle installation de l'artiste albanais, Anri Sala, occupe désormais le niveau 1 du Centre Pompidou, depuis le 2 mai der... Lire la suite...

Justice - Zénith de Paris


De retour à Paris après leur passage à l'Olympia en début d'année, le duo Justice squattait le Zénith le temps de deux concerts exceptionnels à guiche...
Lire la suite...

Festival de Cannes 2012


« Des choix empreints de générosité et de doute » : c’est ainsi que Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a décrit la... Lire la suite...