René de Obaldia au Petit Théâtre Hébertot c’est jusqu’au 9 Mai
Au début de la représentation, on nous annonce un des plus grands auteurs de Théâtre comique du XXème siècle, à coté de Beckett ou Ionesco. Puis on nous annonce qu’à 91 ans, il a encore des projets plein la tête, un ouvrage en préparation… On s’attend à voir arriver sur la scène une personne fragile, venue témoigner de son œuvre dans le plus grand respect de l’exercice. On imagine entendre un long monologue explicatif des ressorts sur lesquels ont tenu sa vie et ses pièces. Mais dès l’arrivée de René de Obaldia, on remarque l’œil pétillant d’un homme qui est venu sans aucune vanité. Il paraît même un peu impressionné, nous sourit et nous remercie d’être là. L’homme vient s’asseoir derrière un bureau où trônent quelques manuscrits et un intégral de Molière bien en évidence. Il commence à lire ses textes en expliquant brièvement les intrigues et c’est parti pour un moment de pure langue française.
Dès que l’auteur commence la lecture d’un passage d’un de ses romans ou d’une poésie, l’audience se penche comme pour mieux goûter toutes les saveurs et capter tous les degrés de l’humour d’Obaldia. Un esprit si fin que l’académicien donne ses lettres de noblesse à des registres comme l’humour noir ou l’humour enfantin. On retrouve des extrais d’Innocentines, des Richesses Naturelles ou encore d’Exobiographie. René De Obaldia aime l’échange et le fait sentir, en racontant de savoureuses anecdotes sur sa vie. Puis l’auteur nous présente grâce aux images disposées sur la scène, ses plus grandes œuvres, interprétées par des monuments du Théâtre Français: Michel Bouquet, Jean Rochefort, Fanny Ardant et l’immense Michel Simon. On découvre alors quelques extraits filmés de ces pièces. En plus d’écrire merveilleusement, De Obaldia nous prouve que l’alchimie théâtrale n’est pas une chimère et ses textes prennent une dimension alors supérieure. Genousie, Le Défunt, Du vent dans les branches de Sassafras, Monsieur Klebs et Rozalie, Les Bons Bourgeois sont autant d’œuvres magnifiques où l’on est à la fois admiratif, surpris, nostalgique mais terriblement emporté par l’univers de cet homme génial.
Un exercice vraiment compliqué qu’est celui de lire en public. Et malgré tout, René De Obaldia parvient à nous faire partager une heure d’exception d’où l’on ressort en se demandant qui reprendra le flambeau des grands dramaturges et poètes de notre temps. En attendant De Obaldia est là et l’on peut encore profiter de sa littérature en mille feuilles, où chacun trouve son compte tant sa langue est riche, variée et généreuse.
Mathieu Metral
Du 14 avril au 9 mai 2009
Réservations : 01 55 63 96 06
Durée: 01h00
Tarif: 20 euros
Le Petit Hébertot
78 bis, boulevard des Batignolles 75017 Paris
Metro: Villier ou Rome
Articles liés

Mathou et Chicandier dans “Interdit au public” au Grand Point Virgule
Mathou et Chicandier remontent sur scène après deux ans d’absence. Ils reviennent pour faire le ménage, ou tout salir, à vous de voir. Jouant leurs propres rôles ainsi que des personnages, ils dressent le tableau de notre époque sans...

Feu! Chatterton dévoile le clip de “Ce qu’on devient” et annonce une 4e date à l’Accor Arena !
Feu! Chatterton dévoile le clip de “Ce qu’on devient”, extrait de l’album “Labyrinthe” paru en septembre 2025. Déjà disque d’or et bientôt disque de platine, cet album confirme la place du groupe parmi les figures majeures de la scène...

Après le Jamel Comedy Club, Zaef Maïga dans un spectacle au Point Virgule !
Zaef Maïga est “poétiquement correct” ! Issu d’une éducation purement africaine, imprégnée de proverbes, de poèmes et de sagesse, Zaef manie les mots avec précision avant de les entrechoquer. Il jongle avec l’impudeur et l’indicible pour créer un humour...






