0 Shares 5278 Views

    Louis Comfort Tiffany – Couleurs et Lumière au musée du Luxembourg

    5 novembre 2009
    5278 Vues
    tiffany

     

     

    Tiffany & Co

     

    Louis Comfort Tiffany grandit à New York où son père, Charles Lewis Tiffany, a fondé quelques années auparavant un «petit magasin de nouveautés» qui devient rapidement la célèbre enseigne de joaillerie Tiffany & Co. C’est dans ce contexte propice à l’éveil artistique que Louis découvre les pierreries, l’argenterie et autres métaux précieux. Il admire dans les ateliers le verre d’Italie, les thèmes japonais déclinés sur les vases… De cette expérience, l’artiste gardera toute sa vie un goût prononcé pour les arts décoratifs.

     

    Du verre, pour habiller de lumière

     

    L.C.Tiffany se destine au départ à la peinture, mais se tourne finalement vers la décoration d’intérieur : « Je crois que la décoration offre plus de possibilités que la peinture ». C’est à travers le verre que ses créations vont se révéler dans toute leur splendeur. Il utilise le verre coloré sur les meubles sous formes de ronds colorés, ou bien pour les abat-jour de lampes.

     

    vitrail-TiffanyLe vitrail est sans nul doute la discipline qui lui permet de dévoiler sa créativité de manière personnelle et qui le consacre définitivement comme maître incontesté du verre. Dans les années 1900, ses vitraux sont appréciés par la haute bourgeoisie new-yorkaise, et les commandes affluent. Tiffany en fournit pour les bâtiments publics, les demeures privées et les églises. Le verre est travaillé selon différentes techniques afin de rendre le plus précisément possible les effets de matière. Ainsi, pour les drapés, la technique dite du «verre drapé» est utilisée : des stries en relief rendent le mouvement des étoffes. Le verre « confetti » (sortes de miettes de verre incorporées dans le verre en fusion ) est utilisé afin de rendre les feuillages. Tiffany expérimente sans cesse de nouvelles techniques dans l’atelier de verre qu’il crée, et s’émerveille des pouvoirs de cette matière qui joue avec la lumière, naturelle ou artificielle. La lumière sur les vitraux à thématique religieuse (Le Bon Pasteur, 1897) ajoute une dimension mystique à la scène. Quant aux sujets profanes, elle leur apporte un éclat et une vivacité incomparables, se fondant dans les creux du verre ou glissant sur les reliefs.

     

    La nature, thème central de l’art nouveau

     

    lampemieuLouis Comfort Tiffany fait plusieurs voyages en Europe, et rencontre en France Siegfried Bing, marchand d’art et collectionneur, dont la galerie s’appelle « art nouveau ». Cette galerie a donné son nom au mouvement de la fin du XIXème siècle, caractérisé notamment par une forte inspiration de la nature dans les créations. En cela, L.C Tiffany s’inscrit totalement dans cette tendance : il réalise des vases en forme de tiges, qui s’épanouissent en un bouton de fleur d’un grand raffinement. La transparence du verre allié aux couleurs vert pastel, blanc et rouge confèrent à ces objets une élégance indéniable. Le verre, matière légère, fraîche et pure, se prête parfaitement aux déclinaisons de feuillages, pétales, plumes de paon, ailes de papillon, toiles d’araignée… Les lampes et lampadaires aux thèmes floraux ou animaliers sont étonnants : ainsi, la lampe cobweb (toile d’araignée), de 1902 présente sur l’abat-jour de fines stries noires, alors que le pied est envahi de fleurs et feuillages grimpants. La lampe wisteria (glycine), simule les branches de fleurs tombant en cascade et formant l’abat-jour. Toutes ces créations végétales, animales ou minérales confèrent aux objets un caractère à la fois original et authentique, magnifié par la transparence et la pureté du verre.

     

    L.C. Tiffany, génie incontesté du verre et des jeux de lumière, est moins connu en France que son illustre père. Pourtant, la rétrospective du musée du Luxembourg permet de mettre au jour son talent à travers des oeuvres, meubles, vitraux et objets d’un grand raffinement, qui n’ont rien à envier aux bijoux de Lalique ou aux décors de Gaudi.

     

    Audrey Laroque

     

     

    Louis Comfort Tiffany – Couleurs et Lumière

    Jusqu’au 17 Janvier 2010

     

    Musée du Luxembourg

    19 rue de Vaugirard

    75006 Paris

    Métro : Odéon

    01 42 34 25 95

     

    http://www.museeduluxembourg.fr/

     

    En ce moment

    Articles liés

    “La Nouvelle Antigone, Le mythe s’empare du climat” : la réécriture moderne du mythe de Sophocle à découvrir
    Agenda
    61 vues

    “La Nouvelle Antigone, Le mythe s’empare du climat” : la réécriture moderne du mythe de Sophocle à découvrir

    La Nouvelle Antigone arrive à Montreuil. Deux soirs à La Parole Errante pour faire entendre une Antigone contemporaine, traversée par les questions de jeunesse, de démocratie, d’écologie et de désobéissance.  Antigone est la nièce du Président Créon. Alors que...

    Louis Chedid au chant et Yvan Cassar au piano à la Salle Gaveau !
    Agenda
    77 vues

    Louis Chedid au chant et Yvan Cassar au piano à la Salle Gaveau !

    Un duo aussi unique que vibrant Louis Chedid a proposé à Yvan Cassar de revisiter son répertoire, dans un dialogue sensible entre deux artistes aux univers complémentaires. Pianiste, chef d’orchestre et arrangeur d’exception, Yvan Cassar a collaboré avec des...

    À Martigues, le musée Ziem offre une carte blanche à l’artiste Ernest Pignon-Ernest
    Agenda
    97 vues

    À Martigues, le musée Ziem offre une carte blanche à l’artiste Ernest Pignon-Ernest

    Dédiée à Ernest Pignon-Ernest, figure majeure de l’art contemporain, cette exposition de 200 œuvres, dont certaines inédites, retrace près de soixante ans du parcours de l’artiste. Elle évoque tant ses premiers dessins sur papier journal réalisés en Algérie en...