En sursis – A la Folie Théâtre
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Mais pourquoi ce désir de mort, de tuer, pourquoi cette visite intempestive ? Paul, peintre, ex-avocat désormais alcoolique, sort tout juste d’une peine de six mois pour homicide involontaire, après avoir tué la femme de David lors d’un accident de voiture. En état d’ébriété, qui plus est. La colère de David est donc manifeste d’autant plus que cet accident lui a causé, à lui, une perte progressive de mémoire.
La mort omniprésente
En sursis, une « comédie noire » qui transpire la solitude et la folie sourde, la démence contenue et libérée. Une symétrie entre deux êtres animés d’un désir simultané de meurtre et de mort. Qui passera à l’acte ? Les règles du jeu sont pourtant rapidement fixées, dans l’appartement de Paul, où une cohabitation pour le moins étrange va se dérouler : « Le revolver est dans le tiroir, le premier qui se décide… ».
Une équation de la solitude
La mort omniprésente, sous toutes ses formes, et devant cette toile de fond, deux personnages complexes. Paul et son bonzaï Gérald, qu’il vaporise régulièrement de bourbon et avec qui il communique généreusement : « Gérald, je m’emmerde profondément avec toi ». Cynique, lâche et alcoolique, il a le rire facile et noir. Une flamme d’humanité veille chez lui de temps à autres : Humain, trop Humain ? David, amoureux transi de sa Margot disparue, qu’il oublie petit à petit, « d’abord sa voix, maintenant ses yeux ». Son compagnon de route à lui est un poisson rouge, qui peut manifestement comprendre son problème de mémoire courte.
Une pièce qui aurait donc pu s’intituler « Lui, Lui, le poisson rouge, le bonzaï et le revolver ». Les femmes en filigrane, ne servent qu’à attiser le mystère de cette étrange équation : solitude + solitude = ? Equation que tente de résoudre un texte intelligent qui sait allier la réflexion, les touches d’absurdité, et manier l’allégorie. L’humour surgit et dérange, car le rire est suscité par la démence qui s’installe peu à peu sur scène.
On constate donc dans cette comédie noire, malgré la mort omniprésente, un texte et une interprétation bien vivants.
Sophie Thirion
En Sursis
Ecrit et interpété par Sébastien Choisson et Sylvain Porcher
Mise en scène d’Anthony Binet
Du 2 septembre au 31 octobre 2010
Du jeudi au samedi à 22h et le dimanche à 18h
Reservation au 01 43 55 14 80 ou sur le site du théâtre.
A La Folie Théâtre
6 rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
Métro Saint Ambroise
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