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    Balanchine / Brown / Bausch – Palais Garnier

    27 décembre 2010
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    Le programme de cette soirée est un véritable aperçu des révolutions apportées dans la danse : Apollon, O Zlozony / O Composite, et Le Sacre du Printemps invitent à un voyage poétique dans les univers de 3 grands maîtres de la danse : George Balanchine, Trisha Brown et Pina Bausch.

    Le danseur étoile Mathieu Ganio, véritable dieu sur scène, incarne un Apollon avec majesté face aux trois muses délicates.  En l’absence d’Émilie Cozette, ClaireMarie Ostia interprète une gracieuse Terpsichore. Un ballet plaisant sans trame narrative dont la musique d’Igor Stravinsky emporte les danseurs à une époque mythologique.

    Le second ballet de Trischa Brown sur la musique post-moderne de Laurie Anderson interroge les conventions : c’est un travail expérimental, sous un ciel étoilé dessiné par Vija Celmins. Dans cet univers stellaire, les corps parfois réifiés  jouent différentes combinaisons mathématiques. À l’exception du magnifique duo de Jérémie Bélingard et Alessio Carbone qui évoluent avec harmonie dans cette galaxie, le ballet paraît un peu daté.

    4140_Wiart2Enfin, le Sacre du printemps de Pina Bausch emporte toute la salle dans un univers de violencedesquatre éléments. La terre, soulevée par les pas saccadés des danseurs, envahit le plateau du Palais Garnier. Avec une grande intensité, le plateau se transforme en terre de souffrance dans ce ballet d’une extrême théâtralité. Les images saisissent et la puissante musique de Stravinsky résonne encore… Saluons Rolf Borzink pour ses costumes magnifiques. Il n’y a plus de chignons mais des cheveux qui volent. Les fluides corps féminins, voilés, courbés, frappés par des gestes répétitifs, se révèlent et parfois se dénudent. C’est la réitération des mouvements qui donne de la force au ballet. Les jeunes filles se livrent aux hommes vigoureux dans un martèlement de douleur. On ne peut s’empêcher de penser que cet univers humain de souffrance est celui d’Adam et Ève, après avoir été renvoyés du Paradis. Miteki Kudo, après un frénétique sacrifice, a été saluée par des salves d’applaudissements pour sa magnifique interprétation de L’Élue.

    Marie Torrès

    Apollon – O Zlozony/O Composite – Le Sacre du printemps

    Ballet de l’Opéra national de Paris

    Jusqu’au 31 décembre 2010

    Opéra Garnier
    Place de l’Opéra
    75009 Paris
    M° Opéra

    www.operadeparis.fr
     

    [Photo : © Sébastien Mathe / Opéra national de Paris]

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