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    Arvo Volmer – Elisabeth Leonskaja – Salle Pleyel

    1 avril 2012
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    Pianiste russe de renommée mondiale, Elisabeth Leonskaja a quitté l’Union Soviétique pour l’Autriche en 1978.  Agée de soixante-sept ans, elle choisit d’interpréter le deuxième concerto de Prokofiev, œuvre de jeunesse mais aussi oeuvre la plus moderne du compositeur russe.

    La partie de piano est d’une difficulté redoutable et demande de la part du soliste un engagement physique hors du commun. L’orchestre est important. Il compte cinquante cordes et trois trombones.
    La pianiste choisit d’affronter la difficulté en face bien qu’elle n’ait plus vingt-deux ans (l’âge du compositeur lorsqu’il composa son concerto). Le caractère est donc à la fois distant et technique. Le premier mouvement semble se dérouler mécaniquement.
    L’orchestre offre de très belles sonorités dans une partition à la ligne souvent morcelée. La fameuse cadence du premier mouvement est belle et impressionnante. Dans sa partie la plus virtuose, les traits sont parfois un peu précipités. À la fin du colossal mouvement, on ressent comme un essoufflement de la soliste, exténuée physiquement.

    Le bref Scherzo est l’occasion d’admirer la cohésion de l’orchestre dans un mouvement vif, alors que l’Intermezzo, marche grandiloquente et pesante, est également interprétée au premier degré, sans détour. Se conjuguent alors martèlement et ironie sèche.

    Il faut attendre le quatrième mouvement pour que la pianiste à nouveau reprenne son souffle. Les magnifiques sonorités et les tempi rapides sont parfaitement maîtrisés par l’orchestre. La grande virtuosité des figures d’arpèges du piano sont admirablement exécutés, comme si la pianiste russe s’était économisée pour cet Allegro tempestoso. Le Final redoutable emporte le public dans un tonnerre d’applaudissements.
    Elisabeth Leonskaja interprète en bis deux préludes de Rachmaninov, étrangement enchaînés : le célèbre prélude en do dièse mineur, et un prélude en sol dièse mineur.

    Arvo Volmer, chef estonien, a remplacé Pablo Heras-Casado au pied levé. Il a étudié au conservatoire de Saint-Petersbourg. Agé de cinquante ans, il dirige avec Petrouchka une partition que l’Orchestre Philharmonique de Radio-France semble déjà dominer de bout en bout. Chaque soliste est impressionnant. Les équilibres sont parfaits. Le public est transporté et rappelle de nombreuses fois le chef pour l’applaudir.


    Petrouchka

    Serge Prokofiev, Concerto pour piano et orchestre n°2
    Igor Stravinsky, Petrouchka

    Elisabeth Leonskaja, piano

    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Arvo Volmer, direction

    Vendredi 30 mars 2012 à 20h

    Tarifs : 60 // 45 // 34 // 22 // 10€

    Salle Pleyel
    252, rue du faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris
    M° Ternes

    [Crédit photo : Jean Mayerat]

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