0 Shares 1519 Views

    La Conversation de Bolzano – théâtre de l’Atalante

    4 avril 2012
    1519 Vues
    La conversation de Bolzano - théâtre de l’Atalante

    La Conversation Bolzano retrace un moment de l’évasion de Casanova. C’étant enfui de la prison des Plombs de Venise, Casanova arrive à Bolzano, avec l’intention de franchir clandestinement la frontière autrichienne.

    Cette épopée fictive de Casanova écrite par Sandor Marai, est considérée comme l’un des chef-d’œuvres de la littérature hongroise. Il y décrit, dans une prose somptueuse, une histoire d’amour et de complot. Le Comte de Parme, époux de la belle Francesca, frappe à la porte de Casanova pour passer un accord…

    La Conversation Bolzano, adapté pour la scène par Jean-Marie Galey et Jean-Louis Thamin reprend avec force l’essentiel du roman, en saisissant l’intrigue et le verbe.

    Dans un huit clos nocturne, le Comte de Parme propose à Casanova un terrible accord. Sa liberté contre sa femme. Dans une fuite de l’amour, les conversations secrètes confèrent au lieu un drame de situation.

    La pièce pourrait se décrire en deux temps. La conversation entre Casanova et le Comte, puis une seconde conversation entre Casanova et Francesca.

    Du texte à la scène

    Hervé Van der Meulen nous livre une prestation remarquable du Comte de Parme. Avec une présence scénique et une élocution parfaites, Hervé Van der Meulen fait du Comte un personnage essentiel qui guidera la pièce.

    Le rôle de Francesca, interprété par Teresa Ovidio Baptista, explose dans la volupté et la colère. Teresa Ovidio Baptista joue la femme blessée par l’amour, une femme prête à tout pour retrouver l’homme qu’elle aime. Elle qui apprend à écrire pour dire son amour, irait jusqu’à la soumission et la trahison pour être avec Casanova.

    Mais il faut admettre que La Conversation Bolzano, repose essentiellement sur les prestations de ces deux comédiens. En effet, le rôle de Casanova tenu par Jean Marie Galey est desservi par un jeu terne, dont la fausse nonchalance laisse le spectateur à distance.

    Est-ce une volonté du metteur en scène Jean-Louis Thamin ou une mauvaise interprétation du comédien Jean Marie Galey ? Alors qu’il devrait être le personnage principal de la pièce, ce Casanova est, dans l’esprit du public, un personnage lointain dont le maniérisme sur joué sonne faux.

    La pièce propose cependant un texte sublime. Le verbe y est déclamé dans la beauté. La traduction de Natalia Zaremba-Husvai et Charles Zaremba rend hommage aux mots de son auteur Sandor Marai.

    La conversation Bolzano est un somptueux moment de littérature scénique. Bien que par instants l’envie de fermer les yeux pour écouter le texte soit présente, La conversation Bolzano est tout de même un beau moment de théâtre à passer. Loin des créations théâtrales contemporains, Jean-Louis Thamin nous propose un drame d’époque qui révèle avec force les passions.

    La Conversation de Bolzano

    De Sándor Márai
    Mise en scène Jean-Louis Thamin

    Avec Jean-Marie Galey, Teresa Ovidio Baptista et Hervé Van der Meulen

    Du 30 mars au 19 avril 2012

    Réservations : 01.46.06.11.90

    Théâtre de l’Atalante
    10, place Charles Dullin
    75018 Paris

    www.theatre-latalante.com

    En ce moment

    Articles liés

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête
    Agenda
    144 vues

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête

    Le rêve de jouer “La Cerisaie” au printemps et de s’inscrire dans le paysage, c’est le défi qu’Aurélie Van Den Daele, fidèle de la Cartoucherie, a décidé de relever en plongeant dans la dernière pièce de Tchekhov publiée en...

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin
    Agenda
    123 vues

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin

    Pour sa 34e édition, le festival Le Court en dit long propose une sélection de 41 courts métrages belges francophones récents et inédits, répartis en sept programmes thématiques : La vie d’artiste – Et l’amour dans tout ça ?...

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset
    Spectacle
    281 vues

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset

    Au Théâtre du Nord, le directeur David Bobée adapte et met en scène de manière magistrale la pièce monstre qu’Alfred de Musset avait composée, à partir du récit historique de George Sand, sur les conspirations des Médicis à Florence...