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    Quand les fous affolent la mort ! – Tourcoing

    16 avril 2012
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    Quand les fous affolent la mort ! - Théâtre du Nord

    Juste avant d’entrer dans la salle de l’Idéal à Tourcoing, on nous explique que l’on pourra déambuler, changer de place… mais le jour où j’y étais (dimanche 15 avril 2012), personne n’a bougé de son transat rayé vert et blanc, scotché sans doute par la force du spectacle.

    Plusieurs rangées de transats sont disposées de part et d’autre d’une longue table qui sépare en deux la salle. Sur la table dressée comme pour un repas, les casques sont sur les assiettes. Aux deux extrémités de la table, des ordinateurs où officient en direct Fanny Derrier (vidéo) et Lepolair (musique).

    La lumière s’éteint, un vol d’oiseau s’installe sur un grand écran suspendu au plafond…invitation à entrer dans un autre monde. On renverse tous la tête et on se laisse embarquer hors du réel.

    Distorsion des mots et des images improvisées dans l’élan de la scène et du texte, construction, déconstruction. Trois comédiennes occupent tout l’espace pourtant grand. Elles courent, virevoltent et dansent les étranges textes du poète roumain Ghérasim Luca dont la langue éblouissante enveloppe le public.

    La poésie de Ghérasim Luca ne se lit pas, elle s’écoute

    Un léger arrière plan sonore de musique électronique voir quelques notes de guitare, le tout improvisé comme les images d’ailleurs qui sont transformées en temps réel, portent, non sans humour, les mots de l’amour, du sexe et du désespoir. Pour donner de la chair aux mots de Ghérasim Luca — jamais le mot « incarné » n’aura été si à propos — il faut le talent et l’enthousiasme de Chloé André, Marie Félix et Caroline Mounier qui hurlent ou chuchotent de manière polyphonique cette la poésie aux frontières de l’absurde qui fait jubiler l’oralité. Les mots de Luca ont une épaisseur qui demande une forte implication physique de l’acteur qui s’engage tout entier. Il faut du souffle pour se confronter à Ghérasim Luca et du souffle, ce spectacle n’en manque pas !

    « Ne dominez pas vos passions » nous dis entre autres Luca le Surréaliste qui s’amuse à disserter sur le plein du vide du plein… car comme chacun sait « le vide vidé de son vide c’est le plein / le vide rempli de son vide c’est le vide /le vide rempli de son plein c’est le vide / le plein vidé de son plein c’est le plein (…) »

    C’est dans le cadre de la première édition du Festival « Prémices » initié par le théâtre du Nord et La Rose des Vents que cette belle et concluante expérience collective de poésie sonore a pu être librement menée par le jeune Sébastien Amblard issue de la première promotion de l’EPSAD (2003) et aujourd’hui artiste associé au Théâtre du Peuple de Busang.

    « Prémices », c’est aussi cinq autres spectacles par les jeunes pousses du théâtre de demain.

    Françoise Objois

    Festival Prémices

    Du 12 au 19 avril 2012

    La Rose des Vents : 03.20.61.96.96, www.larose.fr
    Théâtre du Nord : 03.20.14.24.24, www.theatredunord.fr


    Quand les fous affolent la mort !

    D’après l’œuvre poétique et sonore de Ghérasim Luca

    Avec Sébastien Amblard, Chloé André, Fanny Derrier, Marie Félix, Lepolair, Caroline Mounier et Bernard Plançon

    Mouvement et voix : Chloé André, Marie Félix, Caroline Mounier // univers sonore : Pol Desmurs, Aka Lepolair // sculpture vidéo : Fanny Derrier, Sébastien Amblard // Lumière : Bernard Plançon

    Les 14 et 15 avril 2012

    Durée : 1h


    Théâtre de l’Idéal

    19, rue des Champs
    59200 Tourcoing

    [Crédit visuel : Pierre-Etienne Vilbert]

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