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    Trois impertinentes du spectacle à Avignon

    24 mai 2016
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    Trois-Actrices-Dont-Une---un-spectacle-impertinent-au-Akteon-Theatre

    Trois-Actrices-Dont-Une---un-spectacle-impertinent-au-Akteon-Theatre::


    Trois actrices dont une

    Écriture, mise en scène et jeu de Justine Martini, Nelly Morgenstern, Elsa Rozenknop
    et
    Adeline Chagneau en alternance

    Lumières de Kévin Briard

    Du 7 au 30 juillet 2016 à 12h30

    Plein tarif : 17 €
    Tarif Réduit : 12 €
    – de 12 ans : 8 €

    Réservation par tél. au 
    04 90 85 06 48

    Durée : 1h15

    Théâtre Notre-Dame
    13-17, rue du Collège d’Annecy
    84000 Avignon

    www.theatrenotredame.com

    Du 7 au 30 juillet 2016

    Ici commence l’histoire d’une comédienne professionnelle parcourant un véritable chemin semé d’épreuves car celui qui veut “arriver” passe par des embûches et des crocs-en-jambe en série. C’est le métier qui rentre, petit ! Oumpapah, le peau-rouge et son épreuve du bol de chocolat bouillant, c’était de la gnognotte ; les 12 travaux d’Hercule, une pacotille !

    Pour Véromartine, c’est autre chose – on comprendra d’entrée de jeu le pourquoi d’un prénom pareil. Sans contrat depuis peu, elle entreprend un long parcours du combattant et nous fait partager son itinéraire au cœur de son métier.
    Trois comédiennes ont créé Véromartine et procèdent à une sorte d’exorcisme : à exposer leurs peurs, conjureront-elles le mauvais sort ?

    Le spectateur est plongé d’entrée dans une réalité que connaissent trop bien les comédiennes et les comédiens qui comprennent trop souvent à leurs dépens que pour qu’ils puissent vivre de leur métier, nul ne viendra les chercher car, par essence, bien peu de professionnels s’intéressent spontanément à eux.
    Sans jouer au psychologue de Prisunic, admettons que le constat est douloureux car poussé par les ailes du désir d’artiste, on ne leur a pas dit qu’il fallait se doubler du talent du… voyageur de commerce.

    Tout à se promettre qu’elles auront un jour un agent, elles connaîtront cette souffrance qui use ce métier lorsqu’il s’agit de passer autant de temps aux dépatouillages administratifs, aux démarches auprès des théâtres, des tourneurs, des adjoints aux maires à la culture, enfin pour tenter la moindre possibilité de pouvoir jouer pour ce public, dont elles restent persuadées qu’il vous attend. C’est cette persévérance que nous montrent avec brio Justine Martini, Nelly Morgenstern et Elsa Rozenknop

    Trois-Actrices-Dont-Une---un-spectacle-impertinent-au-Akteon-Theatre2Arnaques à tous les étages

    Les trois comédiennes se frottent au jeu de la caricature sans perdre la colonne vertébrale qui cimente leur propos. Il s’agit de dénoncer en usant de ce registre les mini-lâchetés du métier, les grosses escroqueries des arnaqueurs, les petites mesquineries qui peuplent le gentil monde des gens de théâtre.

    Ces accidents de parcours ne font pas oublier que si la route est semée d’embûches, la ténacité au final devrait l’emporter contre les obscurantistes que représentent certains professionnels du milieu artistique dont l’ego est sans mesure et vaincre le doute permanent de certains membres de votre propre famille, parents maladroits, qui savent bien, eux, que choisir d’être comédien, ça n’est pas un métier.

    “Qu’est-ce qu’il fait ton papa ? Il est comédien.
    Et ta maman ? Elle travaille pas non plus !”

    Avec cette entrée en matière, pas de quoi écœurer un artiste qui, diplôme en poche ou créateur indépendant, se lancerait dans le théâtre professionnel.

    Bref, cette comédie est très enlevée et il y a vraiment de quoi rire de la façon dont Elsa, Justine et Nelly nous entraînent dans les coulisses de leur profession.
    Dans ce jeu de scène à trois, comment ne pas évoquer les frères Marx (sans Karl) lorsqu’apparaît le père de Véromartine avec sa fausse moustache. À la fois auteures (on dit auteures, aujourd’hui), metteuses en scène et comédiennes, Justine Martini, Nelly Morgenstern et Elsa Rozenknop apportent une énergie farouche à leur texte et aux trente personnages qu’elles ont créés. Même si leur choix est l’ultra caricature (encore que !), celles-ci en jouent fort bien. Leur objectif est atteint : faire rire leur public avec les mille petits tracas qui empoisonnent la vie des comédiens tout en mettant le doigt sur une réalité économique et sociale des entreprises culturelles : la précarité.

    Patrick DuCome

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=pkaEqd-avC0[/embedyt]

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