New Settings : les arts en émulsion
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New Settings Jusqu’au 15 novembre 2014 Tarifs : de 7 à 22 € Tarif réduit dès le 2e spectacle dans le cadre du programme New Settings Réservation au Durée : 40 min. Théâtre de la Cité internationale M° Cité Universitaire Conception de Jessica Mitrani Avec Rossy de Palma |
Jusqu’au 15 novembre 2014
Au Théâtre de la Cité Internationale, New Settings bouscule les genres. Le rendez-vous invente chaque année de nouveaux croisements entre arts plastiques et scéniques. Avec Traveling lady, la charismatique Rossy de Palma s’invite dans l’univers visuel de Jessica Mitrani, pour un cocktail multimédia vitaminé. Pour cette 4e édition de New Settings, ce sont les plasticiens qui mènent la danse. Comme une revanche des arts visuels, que le plateau relègue souvent au deuxième plan. Avec Traveling lady, la vidéaste Jessica Mitrani s’empare de la casquette de metteur en scène. “La performance intègre des éléments scéniques, mais ça n’est pas du théâtre. La base reste le cinéma”, précise-t-elle. New-Yorkaise née en Colombie, Jessica Mitrani a conçu cet objet multimédia suite à une rencontre avec Rossy de Palma. C’était il y a deux ans, au Centre Pompidou, où elle reçoit le Grand Prix du Festival international du Film de Mode (ASVOFF) pour Headpieces for peace. Les deux femmes décident alors de travailler ensemble autour d’une personnalité singulière : Nelly Blye. Cette journaliste voyageuse intrépide et coquette du XIXe siècle réunit assez de contradictions pour les séduire toutes deux. Jessica Mitrani lui invente un univers fantasque. La muse de Pedro Almodovar lui prête ses traits audacieux. “Rossy a une très forte présence, à l’écran mais aussi sur scène : je voulais donner à voir ces deux aspects, je voulais qu’elle soit omniprésente”, explique Jessica Mitrani. C’est l’une des réussites de Traveling lady : l’actrice espagnole torpille les codes de la beauté et de la féminité. Quoi de mieux que cette figure angulaire et charismatique pour saper l’idéal féminin en faisant mine de le célébrer ?
À l’écran, images d’archives, dessins, montages, collages se succèdent pour un tourbillon pop, teinté d’une esthétique surréaliste. Une crème de beauté expose ses états d’âme : “C’est très stressant d’être une crème de beauté.” Rossy de Palma s’attaque à un gâteau géant et dévore sa jumelle miniature ou évolue en costume d’époque dans un décor dessiné : une cuisine en noir et blanc et sol damier.
L’expédition de Nelly Blye devient prétexte à une épopée psychique. Jessica Mitrani a construit son spectacle autour de sept chapitres : le voyage autour de chez soi, le voyage au-delà des frontières, à travers le langage, le voyage dans l’amour, à l’intérieur d’une plante… et enfin le voyage sous le masque. Clin d’œil facétieux à l’univers publicitaire, un interlude commercial interrompt cette progression par quelques minutes récréatives. “J’aimerais croire sans ironie à la facilité que nous promet la publicité : let’s do it ! Je trouve ça fascinant”, confie l’artiste, qui a affublé sa traveling lady d’objets imaginaires et farfelus : échelle du désespoir ou wowomètre monthly report : “Je veux croire que ces objets puissent exister !”, s’amuse-t-elle. “J’aime que le public ait l’impression de visiter un autre univers.” Traveling lady est moins une critique acerbe qu’un commentaire sur notre société, à la frivolité assumée. Une fantaisie bien orchestrée qui flatte les sens, à déguster à sa guise, mais à ne pas prendre trop au sérieux. “Je ne suis pas dans l’analyse, je suis dans la légèreté”, conclut Jessica Mitrani. Christelle Granja [Crédits photos : Sasha Arutyunova (1) et Jessica Mitrani (2)] |
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Soit Nelly Blye, qui décide un beau jour de 1889 de faire le tour du monde en moins de 80 jours. Elle se heurte d’abord au refus de son rédacteur en chef :
Bien sûr, Traveling lady critique le carcan de l’idéal féminin, tout comme le consumérisme. Mais la performance laisse aussi transparaître une réelle fascination pour les clichés liés à la féminité : la coquetterie, la mode, les accessoires de beauté. Une contradiction revendiquée par l’artiste : “Je fais partie du système. J’utilise l’humour pour m’en distancier mais ce n’est pas frontal. L’ambiguïté est pour moi une position plus complète que le dualisme. Nous sommes des êtres gris, nous devons naviguer sur nos contradictions, tout le temps.”



