Mois de la photo 2014 : Brief encounters de Peter Neuchs – Galerie Maria Lund
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Brief encounters De Peter Neuchs Du 31 octobre au 6 décembre 2014 Galerie Maria Lund |
Du 31 octobre au 6 décembre 2014
En 1945, le réalisateur britannique David Lean ouvre son film, Brief encounter, par une scène de conversation échangée au café d’une gare. Alors que la caméra explore les tablées, un couple se dégage de l’ensemble : ce sont les personnages principaux, qui vivent, dans ce décor anodin, les prémices du drame sentimental qui s’annonce. On trouve là toute la puissance du non-dit, le pouvoir de la suggestion, de ce rien en devenir, qui imprègne tout l’œuvre de Peter Neuchs. C’est dans la banalité des lieux qu’il fréquente chaque jour ou parcourt lors de ses voyages, que Peter Neuchs saisit ces brèves rencontres; ces moments fugaces de lucidité où la beauté et l’intensité de la vie jaillissent de la quotidienneté. L’exposition regroupe plusieurs séries inédites que le plasticien danois réalise depuis 2001, date à laquelle il s’installe au Brésil. Les images de Peter Neuchs convoquent une dualité où le banal est exceptionnel et le quotidien éternel. Mais il y a trop de bruit, de flou ou d’obscurité pour que leur sens ne se révèle sans ambiguïté. Il n’y a pas de visages, d’expressions à interpréter, de symboles évidents, mais un voile qui recouvre ces morceaux de corps ou de paysages. Si Peter Neuchs est au plus près de ses sujets, il garde pourtant une distance, préfère en proposer des fragments – comme si la beauté, le souffle, les sensations mêmes se dérobaient à trop vouloir les saisir. Peter Neuchs (né en 1958 au Danemark) a une pratique des arts visuels très vaste : installation, sculpture, dessin, photo et gravure. Son œuvre, marquée par des surfaces remplies « all over », est gorgée de détails, de sentiments, de sensations. Ce qui n’est pas sans rappeler l’art baroque et son aspiration à réunir terrestre et céleste, visible et invisible – à englober le temporel, le périssable et ce qui appartient à l’éternité. Au cœur de ce travail, on trouve également la notion chère à Peter Neuchs du mémento mori : par un jeu de perception, ses images un peu floues soulèvent la question de notre réalité, de notre existence en tant que matière. [Visuel : Morning Wait de Peter Neuchs; Source : communiqué de presse] |
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