“La démocratie est un art martial” : la société américaine à l’épreuve du cinéma
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La démocratie est un art martial De Christophe Beney Éditions PUF / Collection Perspectives Critiques 168 pages 16 € Paru le 8 octobre 2014 |
Sorti le 8 octobre 2014
Dans un essai mêlant brillamment sociologie et cinéphilie, le critique de cinéma Christophe Beney s’interroge sur la militarisation à outrance de la société américaine et, par extension, de l’ensemble de l’Occident. Un condensé d’érudition ludique qui cite autant les films de David Cronenberg et M. Night Shyamalan que Maman, j’ai raté l’avion… Deux mois après sa parution, il se produit pour le premier livre de Christophe Beney un phénomène amusant (sauf peut-être pour l’auteur et son éditeur) : les libraires semblent avoir du mal à savoir s’il vaut mieux ranger le livre dans le rayon “sociologie” ou du côté des livres de cinéma. C’est vrai qu’on serait bien en peine de catégoriser précisément ce livre qui, s’il évoque la façon dont laculture de la guerre a perverti la démocratie, le fait en s’appuyant principalement sur un grand nombre de films, du Village de M. Night Shyamalan (l’un des cinéastes favoris de l’auteur)… à Maman j’ai raté l’avion, petit traité d’auto-défense réalisé par Chris Columbus sur un scénario de John Hughes. Brillamment écrit et franchement accessible (les références sont nombreuses mais claires, n’excluant jamais les lecteurs les moins cinéphiles ou érudits), La démocratie est un art martial est un plaisir de tous les instants. Déjà parce que sur le fond, la démonstration est impressionnante de maîtrise. Prenant appui sur Réactions en chaîne, premier long-métrage méconnu de David Koepp (scénariste, entre autres, de Jurassic Park et de Mission : impossible), Christophe Beney montre comment la guerre contamine tous les lieux de vie en communauté, des centres commerciaux aux salles de cinéma. Le propos est si implacable que Beney se garde bien de nous le marteler de façon péremptoire. Au contraire, il le fait avec douceur, dirigé par le plaisir d’écrire et de partager. Finalement, le livre n’est pas si éloigné de ce qui se produit lorsque plusieurs cinéphiles et/ou cinéphages se rencontrent au hasard d’une soirée festive : ils devisent joyeusement, passent d’un sujet à l’autre en toute fluidité, et ne cessent d’appuyer leurs points de vue respectifs par une scène, une sensation, une idée captée dans un film. Le titre du livre est aussi beau qu’impressionnant, mais qu’on ne s’y leurre pas : La démocratie est un art martial est un livre extrêmement engageant, que vous pourriez bien lire d’une traite dès le lendemain de Noël pour peu qu’une personne bien avisée l’y ait placé pour vous sous le sapin. À découvrir sur Artistik Rezo :
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