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    Les Estivants à la Comédie Française : Gérard Desarthe rate le coche

    12 février 2015
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    Les Estivants

    De Gorki

    Mise en scène de
    Gérard Desarthe

    Avec Martine Chevallier, Michel Favory, Thierry Hancisse, Anne Kessler, Sylvia Bergé, Bruno Raffaelli, Christian Blanc, Alexandre Pavloff, Céline Samie, Clotilde de Bayser, Loïc Corbery, Hervé Pierre, Samuel Labarthe et Pierre Hancisse

    Jusqu’au 25 mai 2015
    Du mardi au samedi à 20h30
    Le dimanche à 14h

    Tarifs : de 13€ à 41€

    Réservation en ligne

    Durée : 3h avec entracte

    Comédie Française
    Salle Richelieu

    1, place Colette
    75001 Paris
    M° Palais Royal

    www.comedie-francaise.fr

    Jusqu’au 25 mai 2015

    Très attendue au français, cette mise en scène de la célèbre pièce de Gorki déçoit. En dépit de la quinzaine d’acteurs qui font de leur mieux, on peine à être saisi comme il le fauderait par la tourmente pré-révolutionnaire et la fibre sociale du dramaturge russe.

    Le déclin

    C’est en 1904 que Maxime Gorki termine d’écrire sa pièce, dans laquelle il dépeint des personnages de petits bourgeois arrivistes, dont l’attrait de la réussite sociale et l’appât du gain a fait oublier la réalité de la vie du peuple. Une intelligentsia médiocre et envieuse, qui fait son miel des commérages et des forfanteries, des rêveries théâtrales oiseuses et considérations diverses sur la littérature, instillant en même temps son venin à coup de jalousies et de tromperies.


    Les-Estivants-1Un texte impressionniste

    Gérard Desarthe et son dramaturge Jean Badin ont utilisé la version scénique de Peter Stein et de Botho Strauss pour la Schaubühne, une suite de scènes sous forme de fragments où les personnages affirment leurs convictions, se plaignent, divaguent dans leurs errements philosophiques. A l’instar de Tchekhov, chacun veut fuir sa vie, rumine son insatisfaction et son mal être. Dans ce magma de paroles, les personnages de femmes, dont Maria Lwovna, la doctoresse (Clotilde de Bayser, formidable) élèvent leurs voix. Maria, qui lutte pour un monde meilleur et une amélioration des conditions de soin et d’éducation, tombera aussi amoureuse de Vlas (Loic Corbery, très convaincant aussi) sans s’autoriser à exprimer ses propres sentiments. C’est aussi un texte féministe où la revendication des femmes pour une indépendance de point de vue est spectaculaire.

    Une mise en scène peu enthousiasmante

    S’ouvrant sur un plateau envahi de bouleaux sur lesquels s’impriment des nuages de visages en surimpression, le spectacle affiche des grappes de personnages immobiles tout d’abord, comme figés par leur temps. Petit à petit ils s’animent, en même temps, mais sans que l’on en distingue la spécificité. Trop sages peut-être ces personnages qui doivent être hauts en couleurs, trop bien élevés alors que leur rudesse et leur grossièreté perce sous les masques. Les costumes sont par ailleurs bien lisses, bien élégants quand ils devraient faire montre d’une ascension sociale rapide accompagnée d’un goût approximatif et provincial. Bien sûr, le plaisir d’entendre Sylvia Bergé dans le rôle de Warwara ou Martine Chevalier dans celui d’Olga est bien là. Mais on aurait aimé plus d’ardeur, plus de désordre dans le traitement, plus de colère, de mordant et de rébellion dans la bouche des protagonistes. Le miroir social que tendit Gorki à ses concitoyens fut terrible à son époque.

    Hélène Kuttner

    [Photos : © Cosimo Mirco Magliocca ]

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