Villette Street Festival 2015 : la danse urbaine dans tous ses états
|
Villette Street Festival 2015 Du 4 au 20 mai 2015 Grande Halle de la Villette |
Voici un festival qui donne (si c’est possible) un véritable panorama des danses urbaines. Trente ans de hip-hop en France, et toujours de nouvelles découvertes, des ramifications, des enrichissements et, surtout, des créations chorégraphiques à couper le souffle. À la Villette, le Street Festival 2015 redonne au mot son sens festif. Pendant deux semaines, la danse sera en contact direct avec street art, musique, mode, sports urbains et autre street-fishing. Parions que ça donne la pêche ! Cela fait trente ans qu’on danse le hip-hop en France et force est de constater qu’il ne cesse de se diversifier. Aussi, les compagnies féminines occupent, très naturellement, une part non négligeable de l’affiche. De plus en plus, les chorégraphes abordent aussi la rencontre entre l’homme et la femme. Au résultat, aucun des spectacles phares ne vire à la démonstration de force masculine. Anne Nguyen – Autarcie Personne en hip-hop ne pense l’art du geste comme elle. Le quatuor féminin Autarcie d’Anne Nguyen est à la danse break ou au popping ce que les recherches d’un Merce Cunningham ou d’une Lucinda Childs ont pu signifier pour la danse contemporaine : un regard extrêmement lucide sur le mouvement et la composition chorégraphique, le tout dans une abstraction débordante de musicalité, de dynamisme et de joie. Dans Autarcie, quatre danseuses en bleu de travail interprètent une mécanique extrêmement huilée qui combine à merveille pureté et sensualité. [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=gNm7VthedKs[/embedyt] Wang/Ramirez – Monchichi Gerbes/Brandstätter – Krump’n’break release Elle, les trois hommes krumpers (Anthony Jean, Alan Page, Waldo Pierre) et le breaker berlinois Raphael Hillebrand parlent d’eux-mêmes et expliquent la genèse du krump et du hip-hop. Livré brut de décoffrage, ce spectacle-conférence se refuse à toute esthétisation apparente. Sa beauté est dans sa véracité et la découverte : les gestes du krump sont codifiés tels des mudras ! Chacun a son nom et sa signification, qu’il s’agisse des bras ou des pieds. Le Villette Street Festival commence, et il serait inutile de faire ici la liste de tout ce qui est au programme. C’est déjà fait : [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=aHgVfTMTBmo[/embedyt] [Photos © Wang/Ramirez, Nika Kramer; Krump’n’break release : DR] |
Articles liés

Ce week-end à Paris… du 6 au 8 février
Art, spectacle vivant, cinéma, musique, ce week-end sera placé sous le signe de la culture ! Pour vous accompagner au mieux, l’équipe Artistik Rezo a sélectionné des événements à ne pas manquer ces prochains jours ! Vendredi 6 février...

La tournée “You Should Know 2026” de The Celtic Social Club de passage au Café de la Danse à Paris le 12 mars !
The Celtic Social Club, c’est l’énergie rock d’une indie-folk aux racines celtiques. Avec leur 5ᵉ album, affranchis des traditions, les Franco-Irlandais imposent un son moderne qui surprend et rassemble. Dans le cadre de leur tournée “You Should Know 2026”,...

“Ça c’est l’amour” avec Josiane Balasko et Marilou Berry sublimes dans la tourmente
Dans une éblouissante création, Jean Robert-Charrier nous plonge au cœur d’une famille où se reproduit la violence conjugale, que l’amour maquille souvent de ses douceurs ensorcelantes. Ecrite pour deux comédiennes magnifiques, Josiane Balasko et sa fille Marilou Berry, accompagnées...

Honji Wang et Sébastien Ramirez forment un couple de chorégraphes dont on a pu admirer l’esprit innovateur au Théâtre des Abbesses, avec Borderline. Ici, ils reprennent le duo qui les a révélés, ce Monchichi qui combine poésie dansée et autodérision. Leur histoire de couple se confond avec la rencontre entre hip-hop et théâtre de danse. Honji, Coréenne ayant grandi à Berlin, et Sébastien, fils de Perpignan et de parents espagnols, vivent aujourd’hui entre Berlin et la France. La danse leur permet d’oublier comment deux cultures se tiraillent viscéralement en chacun d’eux. Par le hip-hop, ils construisent des ponts entre eux-mêmes, entre leurs univers chorégraphiques, entre l’Europe et l’Asie. Ça passe par le corps, par des gags, par l’ironie des dialogues en quatre langues, par un savoir-faire d’une énorme délicatesse. Ce Tanztheater 2.0 reflète la réalité urbaine d’aujourd’hui, avec la rencontre des cultures comme réalité vécue. Et en plus, ça détend…
Le krump pourrait bien être la dernière danse à incarner révolte et insurrection. Tendu à l’extrême, le corps ne libère son énergie que dans une charge explosive. Certains parlent du krump comme d’une danse proche de la transe. Malgven Gerbes et David Brandstätter l’abordent par un documentaire dansé qui confirme la violence contenue dans les gestes. Mais il brise l’image de jeunes qui n’ont rien à perdre. Finis les malentendus : “Notre danse n’est pas agressive, mais expressive”, disent-ils. Emilie Ouedraogo Spencer, la seule fille de la bande, ne relâche jamais son poing serré, mais peut ainsi exprimer joie, colère ou tristesse. “Quand je vois quelque chose de beau, je l’intègre”, dévoile-t-elle sa sensibilité.



