Golem : quand Frankenstein rencontre les Marx Brothers
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Golem De Suzanne Andrade et Paul Barrit Avec Esme Appleton, Will Close, Lillian Henley, Rose Robinson et Shamira Turner Jusqu’au 4 juin 2015 Tarifs : de 16€ à 26€ Réservation par tél. au Durée : 1h30 Théâtre des Abesses www.theatredelaville-paris.com |
Jusqu’au 4 juin 2015 Au Théâtre des Abesses, la compagnie anglaise 1927 présente sa dernière production qui mêle le cinéma des années 30 à la BD, les comics aux vidéos les plus inventives, avec un jazz band en live et 5 comédiens-chanteurs géniaux. A déguster de toute urgence. Le Golem est une créature artificielle issue de la mythologie juive, faite d’argile et créée pour aider l’homme. Le Golem ne peut pas parler ni agir par lui-même, il dépend de son créateur, sauf lorsque, comme Frankenstein, la créature devient un monstre qui n’obéit plus à son maître. Le personnage rigolo et jaune moutarde qui vient s’inviter chez Robert et Annie parait inoffensif. Enorme et pataud, il soulage les uns et les autres pour leurs tâches ménagères et de bureautique, et se laisse aimer d’un amour domestique. Gare à cet amour et à ce besoin d’assistance, ce gros Golem ne cesse de rapetisser, d’être rapide et encore plus efficace. Il s’immisce partout, envahit tout et commence à dicter à Robert et Annie leurs moindres faits et gestes comme un « playmobil » automatisé. L’illustrateur Paul Barrit et la menteuse en scène Suzanne Andrade ont conçu un spectacle unique en son genre, totalement dessiné comme un film d’animation, où virtuel et réel se confondent, avec des acteurs grimés façon cinéma muet des années 30, qui semblent tout droit sortis d’un film de Buster Keaton et rentrés chez Groucho Marx. Le rythme est trépidant sous les impacts d’une batterie rock et s’alanguit dans des mélodies « soap » d’un piano romantique. L’histoire qui nous est contée évoque avec l’accélération des techniques de l’image la progressive prise de pouvoir de la technologie et de la finance sur les activités humaines. Toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus rentable, cette perpétuelle compétition mondiale est formidablement incarnée par ces personnages aux allures d’automates, transformés en fonctions premières, stressés comme des piles électriques car soumis à un rythme éreintant. Du jaune, du noir, du rouge, des visages étranges et grimaçants, on songe beaucoup à l’univers de Tim Burton avec ces figures aux immenses yeux cernés de noir et l’étrangeté des situations. Mais en même temps, le rythme hallucinant, l’ironie mordante et l’humour cinglant des dialogues et de cette écriture visuelle nous renvoie à un monde absurde et ridicule, dans lequel nous voyons nos propres doubles agir à notre place. Mieux qu’un discours, ces comédiens inventifs et cette scénographie hallucinante d’imagination et de grâce nous plongent dans un rêve bizarre, surréaliste et pourtant tellement réel. Ce Golem en pâte à modeler, ce personnage grotesque et difforme, est devenu efficace et ergonomique comme une puce électronique. Ils sont pourtant complètement dingos ces comédiens mélancoliques et survoltés, qui sont nos doubles… Hélène Kuttner [Crédit Photos : © Bernhard Muller] |
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