Champs-Élysées Film Festival 2015 : The Road within
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The Road within De Gren Wells Avec Robert Sheehan, Dev Patel, Zoë Kravitz Durée : 1h40 |
Présenté au Champs-Élysées Film Festival Présentée en compétition officielle du Champs-Élysées Film Festival, cette comédie indé avec pour trame le handicap est aussi un ramassis de clichés du cinéma indépendant américain alors même qu’il est le remake d’un film allemand… exploit. Vincent est atteint du syndrome Gilles de la Tourette et vient de perdre sa mère. Son père, politicien en campagne, décide de le mettre au vert dans une clinique spécialisée. Il y rencontre Mary, anorexique de son état, et Alex, souffrant de troubles obsessionnels compulsifs. Ensemble, ils s’enfuient de la clinique pour jeter les cendres de la mère de Vincent dans le Pacifique. Pourquoi ne faut-il donc laisser une place au handicap dans le cinéma indépendant que via des acteurs jeunes et beaux, constamment cinégéniques ? De Zoë Kravitz, fille du chanteur Lenny Kravitz, en anorexique, un rôle pour lequel elle a perdu pas moins de 10 kilos et au physique qui, sauf exception, n’est guère plus spectaculaire que les canons de beauté mis en avant dans les magazines, au faire-valoir gay souffrant de TOC et sans arrêt bousculé de façon totalement assumée par ses camarades de voyage (“I like to push his buttons”), le film qui se veut touchant et sensible est en effet d’une rare cruauté pour certains de ses personnages d’abord, et puis pour les malades et leurs proches ensuite. Le principal problème étant qu’il est un produit millimétré pour créer à intervalles réguliers rires et larmes. Des vagues d’émotion savamment orchestrées par la musique, la propreté des cadres et des décors et l’utilisation malsaine des problèmes de ses personnages. Le tout est donc solidement artificiel et parfois antipathique à force de vouloir créer à tout prix sympathie et empathie. L’anorexie restera jusque très tard dans le film une maladie glamour quasi transparente tandis que les autres personnages n’auront qu’à se jeter à corps perdu dans la vie pour se détacher, de façon presque magique, de leurs maladies. Cette vision bien édulcorée est amplifiée par de jeunes acteurs aussi beaux qu’incongrus et portés sur la sacro-sainte “performance” chère à l’industrie américaine. S’il y avait quelque chose à sauver de ce Road within, ce serait ces questions simples : doit-on de façon systématique faire jouer le handicap à des acteurs comme on pourrait leur demander d’interpréter la colère ou la joie ? Le handicap, et ces maladies en particulier, ne nécessite-t-il pas un traitement plus fouillé, en particulier au niveau scénaristique, afin de mieux respecter la complexité des situations des malades et de leur famille mais également les spectateurs ? Lucile Bellan [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=-MYzi2TPRcM[/embedyt] À découvrir sur Artistik Rezo : [Image 2015 © Champs-Élysées Film Festival] |
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