0 Shares 1056 Views

    Then and Now – Galerie Brugier-Rigail

    23 septembre 2015
    1056 Vues
    brugier rigail

    Then and Now

    Du 14 au 31 octobre 2015

    Un livre catalogue spécial sera édité à cette occasion

    Galerie Brugier-Rigail
    40, rue Volta
    75003 Paris

    brugier rigail copieDouble expositions, Solo show à Paris à la Galerie Brugier-Rigail et une exposition hors les murs à la villa Tamaris à la Seyne sur mer.

    Nous parlons de John Matos Crash, tel qu’en lui-même, dans sa force, sa tension, sa rigueur… Sa présence dans le monde de l’art, telle une icône alternative. Un semblant d’oxymore, ou tout au moins le signe d’une ambiguïté féconde. En effet, un artiste du graffiti, (un tagueur, un bombeur) inscrit son travail dans un ailleurs urbain et quotidien comme un acte performatif éphémère supprimant les intermédiaires (galeristes, directeurs de musées ou de centres d’art) entre le créateur et son public. Par là-même, le « street artist » bouscule les hiérarchies, établit des passerelles, élabore des carrefours entre l’affiche, la musique, les institutions, la publicité, pour aller à la rencontre d’un public neuf sinon vierge. Une translation donc des lieux spécifiques, traditionnels, identifiés de l’art vers les quartiers, les banlieues, le cœur des villes qui redéfinit en pratique les rapports entre culture populaire et culture savante. John Matos Crash articule son propos depuis ses premières interventions (à la fin des années soixante-dix de l’autre siècle) sur les trains, voitures, lignes de métro, dans le principe d’une réappropriation d’une ville, de sa ville, New York. Le graffiti, le jeu sur la lettre, déclinent ici une manière de voir et un art de vivre. L’esthétique de John Matos Crash se conjugue dans la complexité des approches et des références : comic-strip, dessin, logos titres, onomatopées…couleur(s), encore et toujours, plus que jamais. Jeux de signes, d’images, autrement dit, l’esprit et la lettre ! Tout cela conduit à tisser de multiples liens avec d’autres mouvements artistiques contemporains. Evoquer ici le Pop Art s’apparente à un truisme. Toutefois, on peut et on doit, surtout à la Villa Tamaris, (centre d’art bien connu pour sa familiarité avec les thématiques liées à l’image), parler des influences et des confluences avec le Salon de la Jeune Peinture autour des années soixante, la Figuration narrative et la Figuration libre. Les références à l’iconographie populaire constituent en effet pour tous ces courants, dans leur diversité, un fonds commun. En 1984, l’exposition 5/5 du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris consacrera ces filiations rhizomiques. John Matos Crash se retrouvait alors aux côtés de Robert Combas, Hervé et Buddy Di Rosa, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, François Boisrond, Kenny Scharf, Tseng Kwang Chi, Louis Jammes, Rémi Blanchard… Son passage à la toile ne constitue pas un accommodement, encore moins un reniement, mais un prolongement, l’exploration d’un nouveau médium, une contradiction assumée et dépassée… La présence de ses œuvres dans les plus grands musées internationaux (du MoMA de New York au Stedelijk Museum d’Amsterdam) en témoigne. Quarante ans après, John Matos Crash persiste et signe en multipliant et renouvelant ses secteurs d’intervention : la rue, les murs, les guitares (pour Éric Clapton et John Mayer), l’atelier, les évènements, les performances, les fresques (Pop Eye, New York, 2013), pour une œuvre multiforme et singulièrement cohérente. Avec une intégrité et une énergie rares, une lucidité et un  humour sans équivalent, John Matos Crash mène à bien une œuvre où se discerne une politique du regard. La présence de l’œil manifeste le point de vue, l’échange, la ligne d’horizon et de partage. Car toute l’œuvre de Crash le démontre, il ne suffit pas de donner à voir ailleurs, il faut aussi montrer autre chose. Something else ! Then and now ! Hic et nunc ! Aujourd’hui à la Villa Tamaris, pour notre plus grand plaisir.

    En ce moment

    Articles liés

    “Des hommes endormis” : une fable étrange en quête de couples mouvants
    Spectacle
    221 vues

    “Des hommes endormis” : une fable étrange en quête de couples mouvants

    Au Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet, Ludovic Lagarde met en scène l’une des dernières pièces de l’auteur anglais Martin Crimp, qui radiographie avec un humour acide et une lucidité poétique la dérive affective de deux couples de générations différentes. Christèle...

    “Matisse. 1941–1954” : les dernières années de carrière d’Henri Matisse au Grand Palais
    Agenda
    216 vues

    “Matisse. 1941–1954” : les dernières années de carrière d’Henri Matisse au Grand Palais

    Dans la lumière éclatante de ses dernières années, Matisse invente un nouveau langage : celui des formes découpées et de la couleur pure. Plus de 300 peintures, dessins, livres et gouaches découpées retracent, entre 1941 et 1954, le parcours...

    “Les brothers & les sisters” : une épopée familiale et poétique au Théâtre NOC 42
    Agenda
    199 vues

    “Les brothers & les sisters” : une épopée familiale et poétique au Théâtre NOC 42

    Il était une fois une famille avec beaucoup d’enfants. Ils habitaient Vitry, ils n’allaient pas à l’école et les plus grands s’occupaient des plus petits. Un jour, le plus grand d’entre eux, Ernesto, découvre un livre. Il ne sait...