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    Le Chat : un couple qui a du chien au Théâtre de l’Atelier

    10 septembre 2016
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    lechat

    Le Chat

    D’après Georges Simenon

    Mise en scène de Didier Long

    Avec Myriam Boyer et Jean Benguigui

    A partir du 6 septembre 2016 – Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h

    Tarifs: de 10 à 39 euros

    Réservation en ligne

    Théâtre de l’Atelier :
    1 place Charles Dullin
    75018, Paris
    M° Anvers

    theatre-atelier.com

    IS-1417

    Lorsque, sous les yeux de Marguerite, un espace du souvenir s’ouvre, tel une trappe, échappatoire salutaire, la portière du placard, claquée par Émile, la referme avec violence. Le nœud de la dramaturgie est bien là, matérialisé parfaitement par une scénographie percutante.

    Marguerite a le cœur fragile. Sentimentale, idéaliste, prude et maniérée, telle Emma Bovary,   cette veuve d’un musicien ne fait pas le deuil d’un passé qui l’habite. Émile, son plombier, depuis la mort de sa femme Adèle, vit seul avec son chat.

    IS-1431

     Marguerite lui propose d’ « unir leurs solitudes » afin de protéger la maison familiale de la destruction. Car cette patrie perdue, d’où surgissent violon, livres, a laissé place à une fenêtre ouverte sur la destruction. Le quartier est en chantier ; grues, bruits métalliques résonnent telle la respiration de ce monstre dévorant du temps qui ne laisse rien dans son sillage.

    Comme chien et chat

    Émile et Marguerite étaient voués à se rencontrer, à cohabiter, mais également à se haïr. Entre l’idéalisme d’un passé cristallisé et la réalité amère et brute du présent qui prend le visage d’Emile, la guerre devait éclater. Lorsque celui-ci retrouve son chat, Joseph, mort, l’engrenage sans retour se met en branle. Désespéré, le vieil homme se venge sur le perroquet de Marguerite. Mais le rêve évanoui résiste. Et la cruelle réalité menace. Le couple s’affronte dans une égalité 

    IS-1497 copiedes rapports de force tragi-comique. Tandis qu’Émile lui aboie dessus, Marguerite se mure dans le silence, tricote, complice des Parques et de l’inexorable fatum. 

     

    Fenêtre ouverte sur la destruction du quartier  ; l’extérieur menaçant envahit la maison de marguerite. Les écrans et les trappes révèlent des espaces surprises. Des «  ailleurs  » surgissant qui démontrent que  la scène ne se joue pas seulement au présent mais à travers diverses époques qui se télescopent. 

     

     

    Tous les ingrédients d’une bonne mise en scène

    Myriam Boyer et Jean Benguigui livrent une performance étonnante de finesse, de justesse et de théâtralité. Les comédiens habitent leurs personnages avec singularité et présence. La scène du repas, travail exceptionnel sur les corps, au rythme d’un silence électrisé de tension dramatique, est sans doute la plus marquante. Repas à couteaux tirés, maniement des couverts telles des armes de mort, clinquement métalliques (à la manière du Souper de Jean-Claude Brisville mis en scène par Daniel Benoin)   assimilables à des bruits d’armes. Tous les ingrédients d’une excellente mise en scène sont réunis. Ce spectacle n’a pas fini de faire parler de lui.

     

    Jeanne Rolland

     
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