La version Browning : un huis-clos formidablement interprété
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La version Browning De Terence Rattigan Mise en scène de Patrice Kerbrat Avec jean-Pierre Bouvier, Marie Bunel, Benjamin Boyer, Pauline Devinat, Philippe Etesse, Nikola Krminac et Thomas Sagols Jusqu’au 22 janvier 2017 Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h Tarifs : de 10 euros (-26 ans) à 38 euros Réservation en ligne ou par téléphone au 01 45 44 50 21 Durée : 1h30 Théâtre de Poche-Montparnasse |
Jusqu’au 22 janvier 2017
Le metteur en scène Patrick Kerbrat dirige admirablement sept comédiens dans une pièce de Terence Rattigan où les membres d’une « public school » s’entredéchirent sous couvert d’une bonne éducation réservée à l’élite intellectuelle. La scène devient l’envers peu reluisant du brillant décor social, avec un Jean-Pierrre Bouvier bouleversant. Seul contre tous Le redoutable professeur Croker-Harris, incarné par Jean Pierre Bouvier de façon magistrale, a convoqué un élève de seconde pour qu’il rattrape un cours de version grecque. Nous sommes au tout début de l’été et les résultats des examens pour le passage en classe supérieure sont encore tenus secrets. L’élève Taplow (Thomas Sagols très juste) ridiculise son professeur en coulisses, s’en plaint à son épouse (Marie Bunel parfaite), beaucoup plus intéressée par un autre enseignant (Benjamin Boyer), jeune et beau, que par son époux malade du coeur et craint par tous. En réalité, Croker-Harris est un perfectionniste un peu rigide, peu enclin à l’humour, mais qui est moqué par tous les étudiants et surtout méprisé par le directeur de l’établissement qui veut s’en débarrasser sans aucune compassion. Un retournement de situation va permettre aux spectateurs de percevoir l’envers du décor, au fil d’une mise à nu progressive des personnages. C’est l’époque des bouleversements sociaux et économiques, à la fin des années 40. Dans la chaleureuse proximité du Théâtre de Poche, dirigés au cordeau, de manière précise et forte par Patrice Kerbrat, les comédiens parviennent à nous embarquer dans leur vertigineuse folie, un monde infernal où les égos de chacun luttent pour leur survie. Qui du professeur ou de sa femme est le plus atteint ? Que peut révéler le cadeau de l’élève Taplow envers son maître ? Autant de questions posées par cette pièce au classicisme assumé, mais à la profondeur humaine passionnante. Une tension d’autant plus ardente qu’elle nous est donnée à vivre face à des comédiens formidables. Hélène Kuttner [ Crédit Photos : © Pascal Gély ] |
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L’envers du décor





