Avant de s’envoler, Robert Hirsch inoubliable à l’Œuvre
|
Avant de s’envoler De Florian Zeller Éditions L’Avant-Scène Théâtre Mise en scène de Ladislas Chollat Avec Robert Hirsch, Isabelle Sadoyan, Claire Nadeau, Anne Loiret, François Feroleto, Léna Bréban Du 5 octobre 2016 au 15 janvier 2017 Du mercredi au samedi à 21h, dimanche à 16h Tarifs : de 10 à 50 €, 10 € pour les moins de 26 ans mercredi et jeudi Réservation en ligne Durée : 1h30 Théâtre de l’Œuvre M° Place de Clichy ou Liège |
Du 5 octobre 2016 au 15 janvier 2017
À tout juste 91 ans, le doyen de nos plus grands comédiens français interprète la nouvelle pièce de Florian Zeller dans une mise en scène de Ladislas Chollat qui l’avait déjà dirigé dans Le Père, Molière 2014 du meilleur spectacle. Aujourd’hui encore, entouré de merveilleux comédiens, l’acteur irradie d’émotion, de tendresse et de comique tragique dans un texte aux petits oignons. UniqueRobert Hirsch est un grand acteur, non seulement parce qu’il se fond entièrement dans les personnages qu’il incarne sur un plateau, mais encore parce que sa respiration même, son regard, sa voix composent la chair vibrante, vivante de son personnage. Le voir jouer, entendre sa voix particulière qu’il module comme une clarinette, observer son corps de danseur, encore élastique malgré les années, ses mains qui papillonnent comme des palpitations cardiaques, constitue un émerveillement unique dont il ne faut pas se priver. Ici, dans la pièce que Florian Zeller a tout exprès composée pour lui, le comédien interprète André, un vieil homme terrassé par l’angoisse que son épouse Madeleine ne disparaisse avant lui et que sa vie bascule. La pièce de Florian Zeller, extrêmement bien construite, a l’apparence d’un puzzle qui juxtapose des scènes issues du présent, du passé, du réel ou du conditionnel, perdant sans doute le spectateur à la recherche d’une narration factuelle ou chronologique. Et c’est formidablement réussi. Au fil de cette série de mises en abyme d’un réel fictif, ou d’une fiction réelle, André-Robert Hirsch est tour à tour le fantôme d’un mort que sa femme et ses deux filles pleurent, puis le veuf qui vient de perdre sa femme d’un infarctus dans le jardin. Ajoutez à cela une énigmatique femme brune convoquée par Madeleine pour confronter André à son ténébreux passé, un journal intime écrit durant la guerre, découvert par la fille aînée dans le but de le publier, et un agent immobilier, dernier petit ami de la fille cadette, ange prédateur venu proposer l’achat de la maison familiale. L’art de nous toucher au cœur Dirigés avec une remarquable justesse par Ladislas Chollat, qui met également en scène Oliver Twist à la Salle Gaveau, les comédiens campent des personnages qui pourraient être nos sœurs, nos parents ou nos grands-parents. Isabelle Sadoyan (Madeleine), Claire Nadeau (l’amie), Anne Loiret (Anne), Léna Bréban (Élise) et François Feroleto (l’agent immobilier) naviguent entre les eaux familières de nos problématiques quotidiennes, la perte de mémoire des gens âgés, la fin de vie, la solitude, la volonté de s’immiscer dans la vie des autres en leur voulant le meilleur. La pièce agit par petites touches impressionnistes, sans lourdeur aucune, dans une scénographie élégamment naturaliste signée Édouard Laug, éclairée selon les séquences et les atmosphères par Alban Sauvé. C’est très beau et terriblement émouvant. Hélène Kuttner [Photo 1 © Lot / Photo 2 © Lot] |
Articles liés

“Robert Badinter – L’enragé de justice” dans le cadre du festival Paroles Citoyennes au Théâtre Antoine
Jamais Robert Badinter n’a cessé d’interroger le droit. Avocat puis homme d’État, il s’est voué tout entier à une seule exigence : la justice. De la salle d’assises aux grandes réformes, il incarne une conscience inflexible, portée par une...

“Des hommes endormis” : une nouvelle création à l’Athénée
C’est la nuit chez Julia et Paul, la cinquantaine, deux brillants universitaires totalement voués à leurs carrières. Alors que Julia parle à Paul du vide qui a envahi leurs vies et de son absence de désir, sa nouvelle collaboratrice...

“Vous permettez”, une comédie de Manon Rony à découvrir au théâtre Le Funambule
Bien qu’ils se sourient, on sent bien qu’ils se méfient… Ce soir, malheureusement, Maureen et Richard doivent dîner avec les parents de leur gendre, alors qu’ils avaient prévu une rando et une belote avec les Keller. Et en plus,...

Du 5 octobre 2016 au 15 janvier 2017
Puzzle entre vérité et faux-semblants





