Allez-y de notre part : L’Ornithologue
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L’Ornithologue De João Pedro Rodrigues Avec Paul Hamy, João Pedro Rodrigues, Han Wen Durée : 1h57 |
Comme chaque semaine, la rédaction d’Artistik Rezo sélectionne pour vous LE film à ne pas rater. Cette semaine : L’Ornithologue, de João Pedro Rodrigues. Le pitch. Fernando, un ornithologue, descend une rivière en kayak dans l’espoir d’apercevoir des spécimens rares de cigognes noires. Absorbé par la majesté du paysage, il se laisse surprendre par les rapides et échoue plus bas, inconscient, flottant dans son propre sang. Allez-y de notre part. Il serait terriblement réducteur de ne décrire João Pedro Rodrigues que comme un cinéaste gay, tant le réalisateur portugais possède une aura et un talent qui lui permettent de s’exprimer bien au-delà de cette simple étiquette. Auteur d’oeuvres saluées de façon unanime (O fantasma, Odete, Mourir comme un homme), le réalisateur restait sur quelques oeuvres plus expérimentales, dont La dernière fois que j’ai vu Macao, qui pouvait subjuguer un peu moins tant il était exigeant et dépassionné. C’est vers un cinéma plus classique (au sens rodriguesien du terme) que JPR revient avec L’Ornithologue, et c’est forcément une excellente nouvelle.
Rodrigues a failli devenir ornithologue. D’où un film aux résonances autobiographiques, dont le héros n’est qu’une copie développée de lui-même. Il s’est inspiré de l’histoire de Saint-Antoine de Padoue, pour un script écrit en trois semaines après avoir été mûrement réfléchi pendant des mois. Mêlant documentaire et fiction, le film développe un dispositif original, puisque dans les scènes où le héros (joué par le Français Paul Hamy, vu dans Suzanne et Maryland) s’exprime, c’est Rodrigues qui double sa voix (alors que Hamy avait pourtant appris le portugais de façon tout à fait acceptable). L’idée s’est imposée au montage, lorsque le cinéaste a eu envie de s’exposer davantage, lui qui apparaît physiquement dans le film puisqu’il a tourné en double toutes les scènes du personnages de Paul Hamy, rejouées par lui-même. Le tout donne un objet curieux mais touchant, plus par exemple que les oeuvres de Miguel Gomes, qui peuvent parfois sembler trop artificielles.
Lucile Bellan [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=e60Ukd1mccE[/embedyt] [Image 2015 © Epicentre Films] |
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Sortie le 30 novembre 2016



