Narciso Contreras, Prix Carmignac du photojournalisme s’expose
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Narciso Contreras Œuvres de Narciso Contreras Du 25 octobre au 13 novembre 2016 Entrée libre Hôtel de l’Industrie M° Saint-Germain-des-Prés |
Du 25 octobre au 13 novembre 2016
Comme l’indique Patrick Batz – fondateur du Desk photo pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à l’Agence France Presse –, “il pouvait rencontrer aussi bien des contrebandiers hostiles à sa présence, des policiers et militaires corrompus que des esclavagistes à la solde de Daech ou d’al-Qaeda prêts à le vendre au plus offrant”. Mais pour Narciso, on est au-delà de la simple question du courage. Lui qui n’en est pas à son premier reportage en territoire en guerre – Birmanie, le coup d’État en Égypte en 2013, Syrie, Yémen… – n’a pas le choix, il en relève de sa responsabilité de témoigner de toute cette violence commise sur des êtres humains dans le plus grand silence.
Lorsque le Prix Carmignac a retenu Narciso en 2015, le thème de cette édition concernant la Libye, et plus particulièrement les migrants, alors la situation n’était pas aussi complexe qu’au moment où il est parti, en février 2016. Un très gros travail sur le terrain a été nécessaire pour trouver les bons intermédiaires. Alors, certes, il connaissait déjà les centres de détention qu’il avait photographiés en 2014, ceux que l’on montre aux journalistes qui obtiennent un visa pour 3 jours et qui ne peuvent rester plus longtemps. D’où l’enjeu d’un prix comme celui de la Fondation Carmignac, dont la dotation d’une valeur de 50 000 euros permet aux professionnels indépendants de prendre le temps – un luxe dans la profession – pour véritablement enquêter sur un sujet.
Ainsi, Narciso accède à une autre réalité : “Le véritable visage de la crise humanitaire apparaît lorsqu’on s’éloigne du protocole médiatique imposé par Tripoli. Dès lors, vous voyez des milliers de migrants illégaux pris dans la spirale du marché humain dirigé par des milices et des groupes armés privés en lien avec des réseaux mafieux.” Soit ils peuvent s’acquitter des frais de libération (700-2000 dinars libyens, soit 200 à 700 dollars), soit ils sont vendus à d’autres milices ou travaillent pour acheter leur liberté. Des corps sans vie sur une plage, des mains tendues sortant de la porte d’une cellule, des hommes allongés désespérés et à peine arrachés à la mer, des visages aux yeux effrayés, une femme se dévoilant pour montrer la cicatrice sur son ventre, stigmate d’une césarienne ou d’un avortement… Cette humanité en détresse – tentant de rejoindre l’Europe ou tout simplement de travailler en Libye – est traitée comme du bétail, battue, souffrant de la faim, de la soif, de maladies graves pour certains, sans soins. Ces photographies sont fortes, mais il y a toujours une décence et on ne tombe jamais dans le voyeurisme, là est la grande force de l’artiste. Comme il le revendique : “Je souhaite attirer l’attention des groupes d’aide internationaux sur cette situation et je compte sur la communauté internationale pour faire pression sur les autorités libyennes afin qu’elles dénoncent les responsables de ce crime.” On ne peut que le soutenir dans son engagement. Stéphanie Pioda |
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Le temps, la clé de tout reportage
Le vrai visage des centres de rétention
Soutenir une humanité en détresse



