“S’enfuir”, Guy Delisle en couleur de détention
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S’enfuir, roman graphique de Guy Delisle 432 pages Éditeur : Dargaud Collection : S’enfuir. Récit d’un otage. Langue : français Prix : 27,50 € |
Guy Delisle, remarquable et sensible conteur graphique, a livré sa dernière BD : le rapt authentique de Christophe André qui fut, en 1997, otage bien malgré lui des mafias tchétchènes. Récit !
Membre de Médecins Sans Frontières, l’ONG médicale installée à l’époque dans le Caucase Nord, Christophe André, l’été 1997, a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoulé, vers une destination inconnue. Être otage, c’est pire qu’être en prison L’ex-otage et le dessinateur s’entretiendront durant 15 ans. De cette relation est né un formidable roman- documentaire graphique poignant, déchirant et époustouflant. Mais comment décrire, raconter, dessiner alors qu’il ne se passe “rien” durant 111 jours de la vie d’un otage ? Il est attaché à un radiateur par le poignet et il n’a que son mental pour le sauver de cette prison sans fenêtre. Comment dessiner le vide, l’absence et le silence de cet enfermement ? “Être otage, c’est pire qu’être en prison. En prison, tu sais pourquoi tu es là et à quelle date tu vas sortir. Quand tu es otage, tu n’as même pas ce genre de repères, tu n’as rien”, confiait Christophe André à Guy Delisle. Dessiner le doute, le silence…
Le dessinateur propose audacieusement… des angles morts. On est, on vit Christophe André. Guy Delisle l’interroge encore, il lui faut intégrer le doute, l’espérance, la tristesse, les faibles euphories de l’otage. Guy Delisle, remercions-le, n’a pas omis de raconter la formidable détermination de Christophe André qui jamais n’aura fait une seule concession à ses geôliers, même pas à ce lourdaud de Thénardier, son maton quasi quotidien. Patrick duCome [Visuels © Guy Delisle] |
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Alors l’auteur découpe, reprend son travail. Il utilise un trait répétitif puisque dans une cellule tout se répète, les quelques pas que vous laisse une demi-heure de répit, les mouvements de doigts. L’auteur utilise des plans cinématographiques en plongée vertigineuse ou cadre en plan resserré deux pieds en bout de cette couche à même le sol où se vautre le prisonnier.





