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    Entre Musset et Lombardo, l’amour derrière la porte

    8 mars 2017
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    Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, suivie de derrière la porte

    De Alfred de Musset et Alberto Lombardo

    Mise en scène de Alberto Lombardo

    Avec Guillaume Dollinger et en alternance Héloïse Lacroix, Julie Macqueron ou Aude Lanciaux

    Jusqu’au 19 mars 2017

    Du mardi au samedi à 20h30, dimanche 15h30 au Théâtre Douze

    Réservation en ligne ou par tél. au 01 44 75 60 31

    Durée : 1h10

    Théâtre Douze
    6 avenue Maurice Ravel
    75012 Paris
    M° Porte de Vincennes puis Tam 3A

    www.theatredouze.fr

    Les jeudis à 21h30 et les dimanches à 18h15 à la Comédie Saint Michel

    IMG 6 copieJusqu’au 19 mars 2017 au Théâtre Douze, puis du 25 mars au 29 juillet à la Comédie Saint Michel

    Quel serait l’auteur, l’écrivain, homme ou femme, qui ne serait pas tenté d’épier, derrière une porte, le dialogue en mots et en gestes qui se poursuit dès lors que la relation amoureuse se transforme en un contrat de mariage ? Alberto Lombardo, un auteur qui n’en finit pas d’ausculter le coeur humain sur la scène, poursuit sa quête aujourd’hui en écrivant une suite à la pièce de Musset «Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. » Les deux jeunes mariés se réveillent de leur lune de miel, qui se transforme plutôt en lune de fiel. Ecriture au scalpel et délicatesse savoureuse du trait, du théâtre qui fait mouche.

    IMG 0009De Musset à aujourd’hui

    Le spectacle débute au 19° siècle, et se poursuit en costumes contemporains, dans un lit. Entre les deux, on assiste à l’évolution de la relation amoureuse entre une Marquise encore fraîche, devenue veuve trop tôt, et un Comte qui cherche une âme soeur. Madame reçoit dans son salon, à la lumière d’un feu qui réchauffe l’atmosphère pluvieuse du dehors, et laisse la porte ouverte pour converser. Monsieur pénètre dans son intimité, avec le respect qui se doit à une une femme qu’on connait mal. Froideur et réticence chez la femme, empressement courtois et fougue chez l’homme, qui développe la rhétorique de la cour amoureuse en oubliant quelque peu la patience des chevaliers du Moyen-Age. La belle s’émeut, repousse l’étranger, se cabre, tandis que le bellâtre en costume trépigne d’impatience et de frustration. Musset écorne, dans une langue splendide, les faux semblants de l’amour par un romantisme à l’absolu pessimisme.

    IMG 7Entre les draps d’un lit conjugal

    Et ensuite ? Que se passe-t-il après la longue période de séduction , comment se métamorphose l’alchimie qui rapproche deux êtres et qui va  les enjoindre à cohabiter, à vivre jour et nuit dans une promesse d’union pour la vie ? La Marquise et le Comte, par un tour de magie qui a fait voltiger leurs costumes, s’éveillent très peu vêtus. Comme libérés des contraintes sociales du 19° siècle, ils vont se mettre à tour de rôle à l’épreuve, poussant l’autre progressivement dans ses retranchements pour mieux cerner la vérité. Et c’est là l’idée savoureuse d’Alberto Lombardo, qui met aussi en scène les comédiens, d’imaginer une suite et un approfondissement au texte de Musset, avec des dialogues qui se teintent d’une violence, d’une amertume et d’une lucidité propres à notre époque. 

    IMG 0084De jeunes acteurs très engagés

    Les deux comédiens, qui ont l’âge de leurs personnages, sont pleinement engagés dans cette performance, tant la deuxième partie surtout, qui sort du simple badinage, ressemble à un combat d’égos. La vivacité, l’humour, le brio du texte en est la savoureuse matière. C’est d’ailleurs, dans les deux courtes pièces, la femme qui mène la danse, cavalière et amazone à la fois, aiguillonnant son étalon jusqu’à ce qu’il demande grâce, puisse-t-il leur en coûter leur avenir. Avec pour tout décor un nu couché et un sofa en velours rouge dont les coussins font office de météorites, la pièce met à nu le sentiment amoureux dans ce qu’il peut avoir de convenu et de rassurant. Ce que l’on pense vraiment de l’autre, finalement, on ne se le dit que rarement. A l’issue de ce combat sans merci, qui débute par une lune de miel, nos deux tourtereaux vont y perdre des plumes, mais pas leur âme. Comme nous !

    Hélène Kuttner

    [Crédits Photos : © Alberto Lombardo  ]

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