Une vie de Pascal Rambert : un théâtre vital
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Une vie De Pascal Rambert Mise en scène de Pascal Rambert Avec Cécile Brune, Denis Podalydès, Alexandre Pavloff, Hervé Pierre, Pierre Louis-Calixte, Jennifer Decker et en alternance Anas Abidar,Nathan Aznar, Ambre Godin ou Jeanne Louis-Calixte. Jusqu’au 2 juillet 2017 Tarifs : 12 à 32 euros Réservation par tél. 01 44 58 15 15 Durée : 1h50 Théâtre du Vieux-Colombier |
Jusqu’au 2 juillet 2017 Ecrite spécialement pour six acteurs de la Comédie Française, Une vie de Pascal Rambert renoue avec les fondements de l’art du théâtre, brassant haut le verbe, les corps et les voix. Extraordinaires, les interprètes sont coulés dans les mots ou réciproquement.
On retrouve donc une configuration spécifique à Pascal Rambert à travers cette succession de monologues puissants, mais la multiplication des adresses verbales qui tournent autour de l’artiste apporte une habileté et une force nouvelles, qui font résonner toutes les cordes d’une vie dans une amplitude extrême. D’autant plus qu’ici la parole est tendue également à un enfant, celui-là même que fut l’artiste et qui demeure en lui. Et cette parole d’enfant ajoute à l’extraordinaire langue de Pascal Rambert une sonorité à la fois cristalline, lumineuse, limpide, drôle quelquefois, et baignée d’humanité. Enfin, les comédiens pour lesquels a écrit Pascal Rambert sont tous ici inoubliables et en un mot, et c’est un bonheur dans la vie d’un spectateur, ils excellent dans leur tessiture. Emilie Darlier-Bournat [Crédits Photo Christophe Raynaud de Lage) |
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Nous sommes dans un studio d’enregistrement d’une station de radio. Le journaliste critique et un artiste peintre de renommée mondiale se font face, chacun assis à un bout d’une longue table ovale blanche. D’ailleurs, tout est blanc, les murs ainsi que la lumière. Bien que rôdé à l’exercice de l’interview, le journaliste, ici Hervé Pierre, tellement touchant, vif en ses rondeurs et arrondi quand il incise, peine à lancer son invité. Il connait pourtant bien son œuvre et il s’est informé en long et en large des événements de sa vie, mais l’artiste qu’incarne brillamment Denis Podalydès ne consent pas facilement à se laisser démasquer. Ce tête-à-tête donne lieu à de savoureuses railleries sur les journalistes tout en étant parsemé de pertinentes et non moins savoureuses considérations sur l’art et l’acte créateur. Puis soudain le miracle se produit. Tandis que l’invité commence à évoquer les figures qui ont compté dans sa vie, celles-ci reviennent telles des fantômes et elles vont occuper le plateau les unes après les autres, se lançant dans de longues partitions solo qui reconstituent le passé.
La première qui surgit est la première de toute existence, la mère. Envahissante, souverainement hautaine, sûre d’elle et peu apte à laisser leur place aux hommes et surtout au père, elle a des accents teintés de Courbet et des tonalités ponctuées de Lacan. Surgit ensuite la muse et femme aimée, morte bien avant l’artiste quoique plus jeune. Bouleversante, elle se lance dans un poignant récit de ce que fut leur amour, et comme souvent dans les textes de Pascal Rambert, toute l’intelligence passionnée que peut porter une femme est ici convoquée et offerte. Nommée Iris, elle revient obsessionnellement dans les tableaux de l’artiste et illumine son œuvre, mais à quel prix. Apparaissent ensuite le frère puis l’ami du peintre. Le frère fut son souffre-douleur et s’est empêtré dans la religion, là encore allusion faite à Lacan par le biais du cadet. Son monologue est un cri furieux, confus, brisé par l’enfance mal vécue, tenaillé par l’envie de tuer et se venger, tandis que l’ami terminera par une note de diablotin, malin et complice.





