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    12 hommes en colère : un magnifique plaidoyer pour la vie

    Hélène Kuttner 30 octobre 2017
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    12 hommes en colere spectacle theatre charles tordjman theatre hebertot artistik rezo paris

    C’est un chef-d’œuvre de Réginald Rose, monté au théâtre en Amérique en 1953 et adapté pour le cinéma par le réalisateur Sidney Lumet, qui en fit un thriller fulgurant de vérité avec Henry Fonda. La pièce prend aujourd’hui une autre dimension dans la mise en scène de Charles Tordjman et avec 12 acteurs bouleversants. On ressort de là chaviré.

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    Condamné à la chaise électrique

    Nous sommes à la fin d’un procès qui se déroule à huis clos. Dehors, la chaleur est étouffante. Mais, à l’intérieur d’une salle du Palais de Justice, les esprits vont s’échauffer aussi jusqu’à bouillir. Il y a là douze hommes d’âges et de professions divers, tirés au sort pour juger un jeune homme pour le meurtre de son père. La chaise électrique l’attend si tous votent coupable. Nous sommes donc au dernier tour de table, alors que le président du jury récapitule les faits. Les preuves du meurtre, le couteau, les rapports violents entre le fils et le père, le vieux voisin qui s’est levé en entendant du bruit et la femme qui aperçoit la scène de l’autre côté du métro aérien. Tout concorde, tout accable la victime. Tout, sauf que le juré numéro 8, joué par Bruno Wolkowitch, ne lève pas le bras avec les autres en signe d’approbation de la culpabilité. Il doute, et va s’en expliquer aux autres, afin de les convaincre.

    Condamné à la chaise électrique Nous sommes à la fin d’un procès qui se déroule à huis clos. Dehors, la chaleur est étouffante. Mais, à l’intérieur d’une salle du Palais de Justice, les esprits vont s’échauffer aussi jusqu’à bouillir. Il y a là douze hommes d’âges et de professions divers, tirés au sort pour juger un jeune homme pour le meurtre de son père. La chaise électrique l’attend si tous votent coupable. Nous sommes donc au dernier tour de table, alors que le président du jury récapitule les faits. Les preuves du meurtre, le couteau, les rapports violents entre le fils et le père, le vieux voisin qui s’est levé en entendant du bruit et la femme qui aperçoit la scène de l’autre côté du métro aérien. Tout concorde, tout accable la victime. Tout, sauf que le juré numéro 8, joué par Bruno Wolkowitch, ne lève pas le bras avec les autres en signe d’approbation de la culpabilité. Il doute, et va s’en expliquer aux autres, afin de les convaincre.

    Quand le doute s’installe

    Et c’est un fabuleux moment de théâtre et de vie. Ce juré, qui refuse de suivre le troupeau, va progressivement dérouler le fil d’une argumentation précise, basée sur un détail qui cloche. Et si le scénario bien huilé d’une culpabilité parfaite révélait au contraire d’énormes failles, des contresens d’envergure ? La pièce, à la manière d’une tragédie grecque, raconte comment on peut faire émerger une vérité dans un amas de mensonges qui arrangent tout le monde. Dans des décors sans grande fantaisie, les douze comédiens sont parfaits d’humanité et de vérité. Il y a le jeune ouvrier candide, le père de famille tyrannique, le cadre diplomatique, le chef d’entreprise qui perd son temps… Roch Leibovici est terrifiant de mauvaise foi, Claude Guedj désarmant de sagesse, Philippe Crubézy est un beau parleur un peu vain et Olivier Cruveiller enseigne à tous la politesse quand Francis Lombrail passe son temps à râler. Mais il faudrait tous les citer, dans leur lâcheté et leur courage aussi. Ce sont douze comédiens qui incarnent ce que nous sommes tous, suivistes et courageux, égoïstes et généreux. Quel beau spectacle que celui d’humains en train de décider, malgré eux, de la mort ou de la vie d’un autre. Quel grand moment où la liberté humaine prend tout son sens.

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    Hélène Kuttner

    [Photos © Laurencine Lot]

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