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    Fric-Frac : un casse signé Michel Fau

    Hélène Kuttner 25 septembre 2018
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    ©Marcel Hartmann

    Après « Fleur de Cactus » et « Douce-amère », l’acteur et metteur en scène monte une pièce d’Edouard Bourdet, tournée au cinéma par Maurice Lehmann en 1939 avec Fernandel, Arletty et Michel Simon. Régis Laspalès, Julie Depardieu et Michel Fau endossent les personnages de titis parisiens mais malgré une scénographie somptueuse et la présence d’Emeline Bayart, la pièce paraît datée.

    ©Marcel Hartmann

    Des bras cassés en goguette

    Marcel (Régis Laspalès) supporte avec vaillance et bonhomie l’OPA de Rénée, la fille de son patron bijoutier, sur sa personne. La jeune bourgeoise lui fait les yeux doux, à tel point qu’il devient presque sa propriété. Emeline Bayart, la Bécassine du film de Bruno Podalydès, est impayable dans ce rôle d’insupportable emmerdeuse qui découvre que son promis en pince pour Loulou, une prostituée au grand coeur flanquée de son ami Jo-les-bras-coupés. Julie Depardieu prête son physique de danseuse et sa gouaille lutine au personnage de Loulou, et Michel Fau joue les heureux paresseux en costume à carreaux. La première scène de Fric-Frac est un petit régal. Dans des décors biscornus et très colorés qui évoquent le cubisme et la période fauve (Bernard Fau et Citronelle Dufay), nos compères prennent le soleil à l’hippodrome en débitant des âneries dans un argot très appuyé.

    ©Marcel Hartmann

    Le casse du siècle

    Plus tard, toute cette clique se retrouve au café et c’est là que va naître le projet véreux de cambrioler la bijouterie, avec la complicité de Marcel qui donne toutes les combines, trop fier de rendre ce service aux yeux de la belle Loulou. Décors inventifs et plein de fantaisie, costumes bien conçus, scènes cocasses, on finit pourtant par s’ennuyer avec nos personnages et malgré Emeline Bayart qui dynamite les scènes avec une verve proche de l’hystérie. La faute à une intrigue trop mince et à des dialogues datés. Reste l’immense plaisir d’admirer les comédiens et de retrouver Michel Fau et son humanité débonnaire. 

    Hélène Kuttner

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