Mes 5 films préférés avec Gael García Bernal
À l’occasion de la sortie de Acusada, réalisé par Gonzalo Tobal, Lucile Bellan se mouille et détermine, dans l’ordre, son top 5 des meilleurs films de l’acteur mexicain Gael García Bernal.
Numéro 5 : La Science des rêves de Michel Gondry
C’est peut-être idiot, mais le fait que Gael García Bernal interprète un personnage nommé Stéphane Miroux suffit à rendre le film plein de promesses. La Science des rêves va heureusement un peu plus loin qu’une simple affaire de patronymes, mais bénéficie de l’amour de Michel Gondry pour les décalages en tous genres. Son sens du zigzag entre produits typiquement américains (Soyez sympas, rembobinez ou encore The Green Hornet) et ce genre de production très française concourent à la bizarrerie du résultat final, œuvre onirique qui stimule, déride et se nourrit de nos angoisses et autres cauchemars. Unique en son genre.
Numéro 4 : Amours chiennes d’Alejandro González Iñárritu
Le premier film du dernier président cannois est sans doute son meilleur. Scénarisé par Guillermo Arriaga, spécialiste des œuvres en forme de puzzle, c’est à la fois un coup de maître et une sacrée surprise, que les films suivants d’AGI ne parviendront pas à renouveler (même dispositif, mise en scène moins forte). Certaines scènes d’Amours chiennes donnent au public l’impression de s’être fait rouler dessus comme un TGV. Et en termes de façon de filmer les chiens féroces, seul le Hongrois Kornél Mundruczó (White God) a fait mieux depuis. Encore ado, Gael García Bernal incarne parfaitement un ado qui prévoit de s’échapper avec la femme de son frère.
Numéro 3 : Blindness de Fernando Meirelles
C’est le réalisateur brésilien de La Cité de Dieu qui signe l’adaptation du roman portugais L’Aveuglement, du prix Nobel 1998 José Saramago. Blindness a quelque chose d’un film de zombies façon Romero puisqu’il exploite un argument digne d’un film de genre à des fins politiques : en observant des humains de divers horizons être placés en quarantaine à cause d’une épidémie de cécité, Meirelles décortique la sauvagerie de l’âme humaine, la dégueulasserie des hommes et la solidarité totale dont les plus faibles doivent faire preuve pour tenter de résister.
Numéro 2 : Neruda de Pablo Larraín
Déjà présent dans Le Facteur de Michael Radford sous les traits de Philippe Noiret, le poète chilien Pablo Neruda méritait bien un film rien que pour lui. García Bernal est absolument parfait dans le rôle, magnifié par un Pablo Larraín une nouvelle fois très inspiré, lui qui tourna ce film juste après avoir dirigé Natalie Portman dans Jackie. Comme à son habitude, le cinéaste mêle une histoire individuelle à celle de tout un pays, cherchant en permanence à montrer autrement ce que d’autres filment souvent avec une grande banalité.
Numéro 1 : Et… ta mère aussi d’Alfonso Cuarón
Le film qui a révélé Alfonso Cuarón a aussi permis à Gael García Bernal (et, dans une moindre mesure, Diego Luna) d’accéder à la renommée. Ce bijou méconnu suit deux jeunes mecs de 17 ans qui finissent par tailler la route avec une belle Mexicaine de 28 ans, le tout formant un récit d’initiation aussi caliente que cruel. Pas étonnant que le cinéaste mexicain ait fini par accéder aux sommets avec des films comme Les Fils de l’homme, Gravity ou Roma : il y avait déjà tout dès le début. Maîtrise, intelligence, singularité. La marque des grands.
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