0 Shares 2933 Views

    Rétrospective Jim Jarmusch en salles : les grands ne meurent pas

    2 juillet 2019
    2933 Vues

    Si le dernier film du cinéaste à la crinière blanche a déçu, ses premières oeuvres resteront à jamais gravées dans l’histoire du cinéma indépendant américain. Six d’entre elles ressortent en salles ce 3 juillet.

    Présenté en ouverture du dernier festival de Cannes, où il concourait également à la Palme d’Or, The Dead Don’t Die a déçu. Cette comédie horrifique pataude montrait un Jarmusch marquant le pas, lui dont certains films récents (The limits of control et Paterson notamment) avaient déjà pu laisser dubitatif.

    C’est une période antérieure de l’oeuvre du cinéaste qu’il nous est donné de voir ou revoir cet été : ses six premiers longs-métrages ressortiront en effet dans les salles en version restaurée, et ce dès le 3 juillet. Quinze ans de cinéma, allant du méconnu Permanent vacation, son film de fin d’études, jusqu’au tragique Dead Man, qui a assis définitivement la stature poétique et lyrique du réalisateur.

    Il sera également possible de (re)découvrir Stranger than paradise, Caméra d’Or 1984 (Permanent vacation n’étant pas considéré officiellement comme son premier film), Down by law, Mystery Train et Night on Earth. Des déambulations au ton unique, dans lesquelles des personnages souvent esseulés confrontent leurs façons d’aborder la vie. Joyeux ou désabusés, tous ont quelque chose à dire ou à raconter. Si Night on Earth est clairement un film à sketches, dont le gimmick consiste à ne raconter que des histoires se déroulant dans des taxis du monde entier, les autres films du cinéaste possèdent également ce caractère segmenté, qui donnent au final cette impression bluesy que malgré les rencontres, la vie est un grand chemin solitaire.

    Pour autant, le cinéma de Jarmusch n’est jamais plombant. Il est mélancolique, contemplatif sans tomber dans l’excès, mais il s’épanouit également dans le décalage et la causticité. Un grand mélange des genres qui naît également de l’incroyable variété des acteurs employés. Après avoir vu Down by law, on n’oubliera plus jamais le trio John Lurie – Tom Waits – Roberto Benigni. La présence conjointe de Béatrice Dalle, Isaach de Bankolé, Gena Rowlands et Winona Ryder dans Night on Earth produit le même effet. L’ensemble donne envie d’écouter du rock, du blues, de discuter avec des inconnu(e)s, mais également de revoir les films suivants du réalisateur, Ghost Dog et Coffee and cigarettes en tête.

    En ce moment

    Articles liés

    À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive
    Spectacle
    186 vues

    À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive

    Dans une scénographie lumineuse de précision, Thiphaine Raffier compose un spectacle hors-limite qui questionne, aujourd’hui plus que jamais, la manière dont nos sociétés occidentales accueillent la fin de vie. Au croisement du réalisme et de la mythologie fantastique, grâce...

    “La Dame de chez Maxim” de Georges Feydeau, adapté par Philippe Person, à découvrir au Lucernaire
    Agenda
    117 vues

    “La Dame de chez Maxim” de Georges Feydeau, adapté par Philippe Person, à découvrir au Lucernaire

    Ciel, mon Paris ! Le docteur Petypon a passé la nuit chez Maxim avec son ami Mongicourt. Ce dernier le retrouve endormi… à midi ! De la chambre sort la Môme Crevette, danseuse du Moulin-Rouge… Le général Petypon, l’oncle,...

    Inclassable et pétillante, la soprano Anne Baquet chante au Paradis cet été au Lucernaire !
    Agenda
    121 vues

    Inclassable et pétillante, la soprano Anne Baquet chante au Paradis cet été au Lucernaire !

    Après avoir présenté “ABCd’airs” et “Come Bach” au Lucernaire, Anne Baquet prend le chemin du Paradis avec un nouveau piano-voix inédit. Elle pense immédiatement à de nouvelles rencontres entre auteurs et compositeurs. Autant de créations qui s’entoureront cette fois...