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    Du Péril jeune à Andy : Vincent Elbaz, l’éternel ado

    Lucile Bellan 4 septembre 2019
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    Dans Andy de Julien Weill, Vincent Elbaz joue un type irresponsable qui tente une carrière de gigolo-arnaqueur sans trop savoir dans quoi il se lance. Un énième rôle d’adulte immature, figure qui colle à la peau de l’acteur depuis le début de sa carrière.

    Cela fait pile un quart de siècle que Vincent Elbaz a débarqué dans nos vies. C’est Cédric Klapisch qui lui donna sa chance dans Le Péril jeune, film qui permit aussi à Romain Duris de faire ses premiers pas. Dans la peau de Chabert, potache parmi les potaches, Elbaz excellait. Qu’il traîne dans les bistrots, invente des disciplines sportives dans sa chambre ou multiplie les vannes blessantes à l’attention des filles de son entourage, Chabert est fidèle à lui-même : un grand dadais aussi agaçant qu’attachant et un monstre de drôlerie plus ou moins volontaire.

    Depuis, et même s’il a tenté quelques détours, Elbaz s’est spécialisé dans ce genre de rôle, quitte à s’enfermer dans cet archétype qu’il traîne désormais comme un boulet. Dans les années 90, Les Randonneurs ou Petits désordres amoureux confirmaient son statut de séducteur dégingandé et un peu nase. Au début de ce siècle, Embrassez qui vous voudrez puis Ma vie en l’air exploitaient également sa légèreté et son manque de rigueur. Dans Tel père telle fille, sorti en 2007, il incarnait un branleur contraint de s’occuper de sa fille.

    Plus près de nous, des films comme Daddy cool ou Andy n’ont fait que confirmer qu’il existe bel et bien des personnages “à la Elbaz”, ce genre de type très gauche qui pense que toutes les fourberies et hypocrisies du monde pourront passer avec un grand sourire. Pourquoi pas… sauf que la plupart des films cités dans les lignes précédentes ont grandement peiné à rencontrer le public en masse. Sans vouloir porter préjudice à Julien Weill, il est peu probable qu’Andy devienne l’un des gros succès des années 2010.

    Du Dernier gang d’Ariel Zeitoun au Tellement proches de Nakache et Toledano, Elbaz a pourtant montré qu’il savait faire autre chose. Le musclé L’Assaut ou le bouleversant Primaire ont eux aussi montré d’autres facettes du comédien, capable de s’imposer par son physique ou sa faculté à émouvoir. Il serait peut-être temps que ce presque quinqua (ce sera pour début 2021) choisisse ses rôles différemment afin d’opérer un virage à hauteur de son grand talent.

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