“Cole Porter in Paris” : un musical made in Châtelet
© Thomas-Amouroux
Les Frivolités Parisiennes débarquent au Châtelet avec un spectacle épatant en forme de voyage et d’hommage à Cole Porter, le plus parisien des Américains. Un vrai orchestre en pleine forme, une troupe de chanteurs et danseurs effervescents, et une suite de chansons plus tendres et nostalgiques les unes que les autres. Un spectacle délicieux et enlevé, parfait pour la période des vacances et des fêtes.
Coup de foudre pour Paris

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C’est en 1918, à la fin de la guerre, que Cole Porter décide de s’installer à Paris, fuyant une Amérique puritaine qui interdisait la vente d’alcool. Le jeune et riche héritier, amoureux des arts et de la musique, veut être de la grande fête des années folles dans la capitale où souffle un vent de liberté et de créativité. Très vite, il épouse une riche divorcée plus âgée que lui mais avec qui il va partager une vie luxueuse et libre, fréquentant le Tout-Paris, Picasso, Satie, Cocteau ou Hemingway. Et il commence à écrire, à composer, des chansons d’amour et de tristesse, faisant des dix années qu’il va passer à Paris, jusqu’à son retour à Broadway en 1929, une éblouissante parade musicale et mondaine. Et comme il est homosexuel, son mariage ressemble à un arrangement amoureux qui lui laisse une totale liberté.
Les années folles

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Le metteur en scène et dialoguiste Christophe Mirambeau a souhaité nous faire partager ces années folles, extraordinaires de créativité et de liberté, qui ont participé à la maturation de l’artiste et à l’affirmation de son attachante personnalité. Sur le plateau, trois chanteurs, Yoni Amar, Richard Delestre et Matthieu Michard prêtent leur voix et leur corps à Cole Porter, qui l’incarnent en alternance ou en choeur de manière élégante et subtile dans des costumes de Casilda Desazars. Léovanie Raud, Marion Tassou et Charlène Duval sont les femmes qui l’entourent et le choient, tandis que l’ensemble des danseurs et de musiciens, tous formidables, jouent et dansent sur les plus belles chansons.
I Love Paris

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I’m a Gigolo, I Love Paris, Pilot Me, You’re the top, Most Gentlemen Dont Like Love, autant de textes métissés de jazz, de blues, de bossa nova et d’influences cosmopolites qui flirtent avec les ballets suédois ou Stravinsky dans de toutes nouvelles orchestrations. La mise en scène, fluide et sobre, fait la part belle à la musique et à la comédie musicale dans la chorégraphie de Caroline Roelands. On s’amuse avec Find Me a Primitive Man où des hommes à moitié nus, échevelés et les yeux plein de sauvagerie et de désir menacent une bourgeoise en manque de sexe, on swingue avec Within the Quota, satire de la politique de réduction de l’immigration américaine, si teintée de mélodies à la française. Coloré et vif, bien joué et bien orchestré, ce voyage musical et sentimental dans la vie parisienne de l’un des plus populaires compositeurs de comédies musicales est un vrai bonheur.
Hélène Kuttner
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