“Toute la famille que j’aime” avec Michel Boujenah funambule du rire
©GERMAINE WAMBERGUE - ASG, RG, MB & GB
Au Théâtre des Variétés, Michel Boujenah incarne un père de famille dont les propres enfants veulent hériter de son vivant. Une comédie acide et décapante qui dévoile les non-dits et les désirs cachés de toute progéniture dans les affaires de gros sous. Une régal de vérité, à peine exagérée.

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Une famille unie
Jean-Philippe est un veuf paisible, fou de Johnny Hallyday, et qui a invité ce dimanche ses deux enfants pour son anniversaire. Il gère encore l’entreprise où travaille son fils, entretient des relations très mystérieuses avec certaines femmes, mais surtout maintient sa forme physique en boxant tous les jours et en s’imaginant à califourchon sur la Harley Davidson de Johnny, lancée à toute vitesse sur la Route 66. Naturellement, comme son idole, il a prénommé ses deux enfants David et Laura. Mais les enfants, qui ne semblent pas en grande forme et n’arborent pas le sourire de leur papa, ont une seule obsession : ils s’imaginent que leur père veut les déshériter. Ils vont donc tout mettre en place pour le faire passer pour un irresponsable, en convoquant ce jour même un médecin psychiatre.

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Des comédiens épatants
Ecrite par Sasha Judaszko et Fabrice Donnio, cette comédie aux petits oignons, dans la droite ligne des comédies de Molière, s’en donne à coeur joie dans la peinture critique, acide mais fraternelle, des enfants rendus ingrats par les accidents de la vie. Sur la question de l’héritage en France, les notaires estiment que 42% des successions entraînent des dissensions durables au sein des familles. Le problème ici est que Jean-Philippe, interprété admirablement par Michel Bouhenah, en véritable funambule du rire, poète du comique, est bien vivant. Ses grands enfants, David-Guillaume Bouchède, perché et perclus de problèmes d’argent et de couple, et Laura-Anne-Sophie Germanaz, redoutable stratège du profit et épouse trompée, sont d’épouvantables bébés assoiffés d’argent et de reconnaissance. On ne racontera pas par quels stratagèmes machiavéliques ils cuisinent leur paternel qui naviguera sur des montagnes russes. On révélera seulement qu’une doctoresse originale, mais pas dupe, que joue avec maestria Raphaëline Goupilleau, réussira à démêler le vrai du faux en en tirant le meilleur des partis. Un régal !
Hélène Kuttner
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