0 Shares 99 Views

    “Cœur Sensible” : la nouvelle exposition de l’artiste JACE à la galerie Mathgoth

    5 mai 2026
    99 Vues

    Pour sa neuvième exposition à la galerie Mathgoth, Jace investit à Paris plus de 300 m2 dans un espace temporaire XXL, à deux pas de la Bibliothèque François Mitterrand. “Cœur Sensible” n’est pas seulement une exposition : c’est un parcours immersif, entièrement gratuit et ouvert à tous, à travers le regard de l’artiste, son humour, sa sensibilité et sa manière de commenter notre époque. Cette nouvelle collaboration confirme une fidélité rare : plus de 15 ans de travail commun.

    Le Gouzou de Jace

    Jeune graffeur, Jace a rapidement compris que de peindre et repeindre les 4 lettres de son blaze en permanence risquait de tourner à l’ennui. Il lui fallait trouver une autre signature dont il ne se lasserait pas. Une signature qu’il pourrait répéter et faire vivre. C’est ainsi qu’est né le Gouzou, en 1992. Un alter ego avec qui tout devient possible. Pas de traits, pas d’âge, une couleur de peau unique et vivant quasiment nu, sur le papier le Gouzou n’avait pas vraiment toutes les cartes en main pour conquérir le monde. Il est pourtant devenu l’une des figures les plus reconnaissables du street art mondial, aperçu dans plus d’une quarantaine de pays, sollicité aussi bien par des institutions que par des marques, et porté par une communauté de fans qui le collectionnent, le photographient et parfois même se le font tatouer.

    À propos de l’exposition

    Pour cette exposition, Jace a fait le choix d’articuler son travail en trois parties distinctes, volontairement contrastées et engagées : un regard sur notre société imprévisible, un hommage à Tchernobyl quarante ans après la catastrophe, et une réflexion sur l’amour comme la seule réponse possible.

    Un monde qui vacille

    Dans cette première partie, Jace y présente des œuvres peintes sur palissades, supports métalliques et pierres de construction, matériaux récupérés directement dans l’espace urbain. Jace observe notre monde avec un regard critique et sans complaisance. Le Gouzou devient le révélateur de ce qui dérange, un poil à gratter qui pointe les absurdités, les contradictions et les excès de notre époque : crises climatiques, conflits qui s’enchainent, logiques économiques qui broient, dirigeants ivres de pouvoir…
    Jace ne donne pas de leçon et ne condamne pas, il déplace simplement notre vision. Avec une touche d’ironie, il introduit un léger déséquilibre qui suffit à mettre en lumière l’invisible. Dans notre monde incertain, anxiogène, souvent fou, son regard reste lucide et tendre. C’est ce regard aiguisé qui ponctue toute l’exposition.

    Tchernobyl, 40 ans après

    Cette deuxième partie de l’exposition commémore le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Depuis de nombreuses années, Jace rêvait de se rendre sur place, pour y peindre le Gouzou et apporter un peu de légèreté à ce lieu chargé de mémoire. Son projet se veut un hommage à toutes les victimes, à ceux qui ont souffert et continuent de subir les conséquences de cette tragédie.
    En 2019, l’artiste a vécu quatre jours dans la ville fantôme de Prypiat. Il est l’un des rares artistes au monde à avoir eu ce privilège. Sur place, il a peint vingt-six fresques originales intégrées aux bâtiments et à l’espace urbain déserté, dans un décor où la nature et les animaux reprennent possession des lieux.
    Dans Cœur Sensible, Jace présente des photographies originales réalisées sur place. Il les a imprimées sur bois avant de les retravailler une à une à la peinture. Dans des couleurs volontairement estompées, chaque image est un témoignage brut de la catastrophe que la présence du Gouzou tente de dédramatiser.
    Le réalisateur Sami Chalak a accompagné l’artiste durant cette aventure. Un film documentant cette expérience sera présenté, aux côtés d’autres vidéos, sur grand écran au sein de l’espace d’exposition.

    L’amour, comme nécessité

    Face aux crises et aux travers du monde, Jace pose une évidence : “aujourd’hui on a vraiment besoin d’amour”. Pas comme sentiment abstrait, mais comme acte. Dans un monde qui se durcit, où les tensions se multiplient et où les fragilités s’exposent, parler d’amour devient essentiel : il faut se soutenir, faire bloc, cultiver la solidarité.
    Cette partie, la plus vaste de l’exposition, reflète pleinement l’importance de ce thème pour l’artiste. Dans un premier temps, Jace avait même envisagé de lui consacrer une exposition entière. Il y présente une série d’une quarantaine de toiles sur lin d’un même format : 60×60 cm. Le Gouzou s’y fait plus tendre, plus complice.
    Pour les amateurs de surprises, l’exposition réserve quelques inédits, dont une sculpture en tirage limité, rare occasion de découvrir le Gouzou en trois dimensions.

    À propos de Jace

    Né au Havre en 1973, arrivé à La Réunion enfant, Jace commence à peindre dans la rue en 1989. Autodidacte, il construit son œuvre à force de nuits dehors et de surfaces conquises de haute lutte : rappel sur une falaise, interventions clandestines à Bangkok ou New York, courses-poursuites en vélo à Tokyo. En 1992, dans un squat de Saint-Denis (la Réunion), naît le Gouzou. Un personnage sans visage ni identité définie, dans lequel chacun peut se reconnaître et qui permet à Jace de tout dire : dénoncer, amuser, émouvoir, interpeller.
    Depuis, le Gouzou a arpenté plus d’une trentaine de pays sur quatre continents. La rue reste son lieu de
    prédilection, mais Jace expose en galerie depuis 30 ans déjà et multiplie les collaborations institutionnelles et
    privées : bâche géante sur un immeuble haussmannien rue de Rivoli à Paris, fresque dans la zone douanière
    de l’aéroport Roland Garros où les Gouzous en file indienne accueillent les voyageurs, campagne de sensibilisation avec l’ONF Réunion en 2022, résidence artistique en mars dernier à bord du Marion Dufresne
    pour les Terres australes et antarctiques françaises, patrimoine mondial de l’Unesco. Le Gouzou est devenu, à
    sa façon, un ambassadeur officieux de La Réunion et le défenseur de nobles causes.
    La Réunion reste son ancre, l’île où il a fondé sa famille et où il revient entre deux voyages, entre deux murs, entre deux projets. Trente-quatre ans après le premier Gouzou, il cherche encore le mur qu’il n’a pas peint. Le
    prochain rêve ? La Lune.

    [Source : communiqué de presse]

    En ce moment

    Articles liés

    L’édition 2026 de l’exposition “Jonk & Friends” à découvrir à la galerie Nature Forte
    Agenda
    24 vues

    L’édition 2026 de l’exposition “Jonk & Friends” à découvrir à la galerie Nature Forte

    Jonk, référence mondiale dans le domaine de la photographie de lieux abandonnés et par ailleurs fondateur de la galerie Nature Forte, a invité, pour cette deuxième année consécutive, 13 amis artistes à intervenir sur ses photographies. Ne manquez pas...

    “VIANDALISM” : le graffiti et la création contemporaine s’exposent à l’Hôtel Mona Bismarck du 6 au 8 mai
    Agenda
    75 vues

    “VIANDALISM” : le graffiti et la création contemporaine s’exposent à l’Hôtel Mona Bismarck du 6 au 8 mai

    Du 6 au 8 mai 2026, “VIANDALISM” investit les 1 000 m² de l’Hôtel Mona Bismarck pour une exposition réunissant 50 artistes issus de la création contemporaine et du graffiti. Pensée comme un temps fort à la croisée des...

    Au Quai de la Photo, l’exposition “Austral, les engagés pour l’Océan” réunit Franck Desplanques et Stéphanie Jacquet
    Agenda
    96 vues

    Au Quai de la Photo, l’exposition “Austral, les engagés pour l’Océan” réunit Franck Desplanques et Stéphanie Jacquet

    Du 27 avril au 5 juin 2026, Quai de la Photo propose deux expositions photographiques où la navigation devient un fil conducteur pour rendre visibles des réalités invisibles, entre travail en mer, recherche et observation. En résonance, “Austral, les...