João Vilhena – Galerie Alberta Pane
Le travail de João Vilhena est guidé, depuis toujours, par l’intérêt qu’il porte au rôle de celui qui contemple. Car pour l’artiste c’est bien le regard qui fait l’oeuvre, qui l’active et lui donne du sens. Sa pratique s’est orientée naturellement vers le dessin, un dessin exécuté avec une précision déconcertante. Virtuose, tant du crayon que des mots, João Vilhena dupe, cache, substitue et déguise sans jamais dévoiler. Pour cela il utilise quelques « trucs » comme l’illusion d’optique, le trompe-l’œil et l’anamorphose, et dans les titres de ses oeuvres, contrepèteries, anagrammes et autres jeux de mots.
La nouvelle obsession de l’artiste se porte sur la Lune, cet astre à la fois si proche et si lointain, qui fut, peut-être, l’un des premiers sujets d’observation et de questionnement de l’homme. La vision d’Aristote, celle d’un globe idéal, parfaitement sphérique et lisse a longtemps prévalu. Puis en 1609, Galilée, utilisant une lunette de sa fabrication, vit la Lune « d’aussi près que si elle était à peine éloignée de deux rayons terrestres ». Il rapporta ses observations dans son livre Sidereus Nuncius publié en 1610 : « Tout le monde pourra se rendre compte que la surface de la Lune n’est pas lisse et comme polie mais que sa surface est rugueuse et inégale et que, comme la Terre elle comporte des protubérances immenses, de profonds creux et des sinuosités. »
Cette science révolutionnaire et poétique —selon un point de vue actuel— a inspiré João Vilhena pour la réalisation de son grand diptyque « Deux lunes à l’autre » dans lequel il a repris l’image d’une vue stéréoscopique du dix-neuvième siècle de Karl Dupont. Deux prises photographiques de l’astre avaient été réalisées à un mois d’intervalle pour créer l’illusion de relief stéréoscopique. Ayant travaillé l’aspect de dissemblance des deux clichés de la Lune, l’artiste nous incite à comparer sans cesse les deux panneaux. De même, il nous pousse à nous déplacer dans l’espace pour rendre parfaitement sphérique la vision de ces deux lunes qu’il a expressément déformées par le dessin. Le post-it, élément récurrent dans sa production récente, est un signe visuel mémoriel qui rappelle qu’après tout, c’est le regard qui est au centre de l’œuvre.
Il y a chez João Vilhena diverses préoccupations qui sont à l’oeuvre dans son travail : le soin apporté à une technique devenue presque anonyme ou désubjectivisée, le rapport à la mémoire par l’évocation d’une culture visuelle populaire de la fin du XIXe et du début du XXème siècle, l’érotisme et les jeux de langage. Ce qui en résulte est un ensemble de dessins qui invitent à la réflexion et à la contemplation du regardeur, sans lequel ils ne pourraient exister.
Exposition de João Vilhena
Du 20 octobre au 15 novembe 2011
Vernissage le jeudi 20 octobre 2011 de 18h à 21h
Du mardi au samedi de 11h à 20h et sur rdv
Galerie Albert Pane
14, rue Saint-Claude
75003 Paris
M° Saint-Sébastien-Froissard
[Visuel : Deux lunes à l’autre (détail), 2011. Pierre noire et craie blanche sur carton gris. 90 x 160 cm. Courtesy de l’artiste et galerie Alberta Pane]
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