Jean-Baptiste Perrot – Volcano
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Déterminé dans son déterminisme. A propos de « Volcano », Jean-Baptiste Perrot affirme avec détermination et précision son cheminement : « L’intérêt est finalement moins dans l’œuvre, mais dans la manière dont j’ai agi par rapport à une contrainte ».
Cette idée de « contrainte », pierre angulaire de sa réflexion artistique, Jean-Baptiste Perrot devait l’exposer en avril dernier, pour son premier voyage à New York, dans le cadre de la deuxième édition d’un partenariat entre l’Espace Beaujon de la mairie de Paris et le New Art Center. Ce programme incluait quatre œuvres de la série « Les Echangeurs (ou le libre-arbitre) » : quatre tableaux, figurations du pouvoir de décision de l’être humain dans un monde contraint par les facteurs extérieurs.
Mais les événements, la nature, les contraintes, en ont décidé autrement.
Jeudi 15 avril : Départ de Paris Charles de Gaulle à destination de New York. « Dans l’avion, d’après l’écran prévisionnel du trajet, je suis censé survoler Rouen et Le Havre. Avant de traverser l’Atlantique, je remarque que nous sommes détournés vers le sud et que nous passons au-dessus de Nantes. » Atterrissage comme prévu à l’aéroport John Fitzgerald Kennedy. Premier contretemps, les œuvres ne sont pas encore arrivées en zone de fret. « Aucun souci, je prends les coordonnées de la compagnie pour m’informer de l’arrivée de mes pièces. »
A la sortie de l’aéroport, rencontre de deux Françaises, qui devaient rentrer le même jour dans l’hexagone. Leur vol a été annulé suite à la fermeture de l’espace aérien, à cause d’un volcan islandais. « C’est la première fois que j’entends parler de ce volcan. »
Installation à Manhattan. Internet fourni les premiers éléments d’un constat : le trafic est bloqué pour une période indéterminée. La poussière du nuage de fumée, susceptible d’entrer dans les réacteurs, expose les appareils au danger.
Vendredi 16 avril : La compagnie de fret n’a toujours pas réceptionné les œuvres.
Samedi 17 avril : Un service Internet qui permet de suivre leur parcours, révèle qu’elles sont à Heathrow.
Dimanche 18 avril (veille de l’accrochage) : Prise de conscience. Face à une contrainte incontournable, comment réagir ? Les événements rejoignent parfaitement la réflexion sur le libre-arbitre. « Le volcan retient mes pièces, ma démarche artistique doit appréhender cette situation. » Question : à quoi ressemble la contrainte ? Mise en place d’une iconographie en téléchargeant des photos du volcan.
Lundi 19 avril : Le matin, sélection d’une photo avec un gros nuage de fumée sortant du volcan. Stylisation de cette illustration sur la base de l’esthétique de la série « Les Echangeurs », trame produite par l’association de quatre tôles en acier perforé.
A 13h, découverte de l’espace attribué dans la galerie : un angle mural (de deux fois 3,5 mètres sur deux de haut) qui convient à la fresque imaginée le matin. Lancement du traitement informatique pour calculer le nombre de feuilles au format A4 nécessaires pour remplir cette surface.
Mardi 20 avril : Impression puis assemblage des 234 pages qui composent cette fresque.
Mercredi 21 avril : Acquisition d’un sticker rouge chez un fournisseur spécialisé pour graffeur. Quelques heures avant le vernissage, altération du sujet par petites marques rouges, à l’instar des artefacts de la série « Les Echangeurs ».
Afin d’interpeller la conscience collective, insertion du titre dans l’œuvre : « The Volcano is eating my works – This is my determinism ».
Bilan : Le volcan islandais a bloqué à Heathrow les « Echangeurs » prévus pour l’exposition. Ce projet traite de la prise de décision en milieu contraint. Le volcan incarne la contrainte de l’intervention à New York. Combat avec les éléments. Les « Echangeurs » deviennent « The Volcano is eating my works – This is my determinism », fresque de 7x2m, soit 234 feuilles de format A4.
Propos recueillis par Cyril Masurel
Retrouvez toutes les informations sur le travail de Jean-Baptiste Perrot : http://jbperrot.net.
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