0 Shares 4472 Views

    Takashi Murakami – Château de Versailles

    23 septembre 2010
    4472 Vues
    Takashi Murakami

    « Versailles off » avait déjà fait le pari d’introduire l’art contemporain dans les jardins du château en proposant à des artistes français de créer des œuvres in situ sur le model des Nuits Blanches parisiennes. Changer de format d’exposition en présentant un artiste de renommé internationale, pas toujours connu du grand public français, est l’objectif affirmé de Jean-Jacques Aillagon, président du domaine public de Versailles et de Laurent le Bon, commissaire de l’exposition Murakami et président de Pompidou-Metz.

    Les querelles partisanes que suscite l’exposition en regard du lieu patrimonial de Versailles auraient tendance, par un impérialisme d’adhésion, à ranger les branchés dans un camp et les has been de l’autre. D’où la nécessité de se pencher sur les qualités réelles ou supposées de cet artiste nippon pas si kawaï (mignon) que cela.


    Reconnaissance internationale

     
    La dernière rétrospective d’envergure en France de Takashi Murakami, poulain de la galerie Emmanuel Perrotin, a eu lieu en 2002 à la Fondation Cartier. Mais l’artiste s’était davantage fait connaître du grand public grâce à Marc Jacob en travaillant sur la marque de luxe Louis Vuitton. L’esthétique kawaï de l’artiste devenait alors visuellement identifiable. Des fleurs souriantes aux couleurs psychédéliques en passant par les personnages anthropomorphes de l’univers manga, Takashi Murakami livrait semble-t-il la culture de masse japonaise à l’appétit mercantile de l’art occidental toujours friand de nouveauté. Vu sous cet angle, le raccourci est simpliste même si Mr Murakami avoue lui-même la formidable opportunité offerte par Marc Jacob quant à sa reconnaissance internationale.

     
    Conscient que l’art contemporain se joue en occident, Murakami se fait d’abord connaître outre-Atlantique. Refusant d’être assimilé à un artiste américain, il invoque sa propre culture : un mixte de Nihonga (image japonaise traditionnelle), d’Otaku (renouveau de l’art du Manga dans les années 90) et d’ « Animation TV ». Cet univers néo-pop critique et pétri de références a de quoi séduire.

     
    Versailles
     
    Si la présence de Miss Ko 2 à Versailles rappelle le côté érotico-trash du très drôle mais non moins dérangeant My Lonesome Coboy, aucune œuvre politiquement incorrecte ne s’affiche dans l’exposition. Pour autant, l’imposant Tongari-Kun du salon d’Hercule donne le ton.

    La présence de Flower Matego dans la Galerie des glaces n’est pas sans évoquer l’univers féérique des jardins de Versailles conçus pour la fête.

    A la vue de l’imposante sculpture dorée d’Oval Buddha sise en extérieur, Louis XIV lui-même aurait souscrit à la symbolique de cette tête de Janus, aux pouvoirs démesurés, trônant sur une fleur de Lotus symbolisant le soleil et dont l’éléphant en guise de socle évoque la force et la tempérance.

    La dimension performative ou « acuponcture painting » de l’œuvre de Takashi Murakami s’illustre à travers l’œuvre Untiteld (Wallpaper) tandis que la transformation « all over » de la salle des Gardes, participe d’un « total look » en parfaite adéquation avec la symbolique de l’hyper-décor versaillais !

     
    L’art doit-il émouvoir ? A tout le moins doit-il questionner. Depuis un certains temps, la problématique signifiante et/ou esthétique de l’œuvre d’art contemporaine est sujette à caution. On finit par lui dénier toute capacité à raisonner le monde. C’est que la frénésie spéculative qui s’est emparée de l’art contemporain semble conditionner à tort les valeurs esthétiques. Pour ne pas que s’accélère cet autisme nauséabond portant préjudice à la jeune création, et pour aller au-delà des « têtes d’affiche », donnons nous la peine de voir et de comprendre au delà de ce parasitage spéculatif.
     
    Karine Marquet

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=ubB1_mx724E[/embedyt]

    Takashi Murakami

    Du 14 septembre au 12 décembre 2010
    Accès à l’exposition par la cour d’honneur du Château de Versailles
    Conditions de visites normales

    Billet non surtaxé : 15 euros / Gratuits moins de 26 ans

    Tous les jours sauf lundi de 9h à 18h30 (17h30 à partir du 1er novembre)
    Exposition dans le circuit des grands appartements

    Château de Versailles
    4 Bd de la Reine
    78000 Versailles

    www.chateauversailles.fr

     
     

    [Visuel : Japanese Artist Takashi Murakami at the Palace of Versailles giving an interview to a film crew about his new exhibit 10th of September 2010. Own work, photograph taken by uploader. Auteur : Sodacan Permission (Reusing this file). This work has been released into the public domain by its author, Sodacan. This applies worldwide.]

     
    En ce moment

    Articles liés

    Le Musée en Herbe met à l’honneur les Pokémon et fête leur 30 ans avec l’exposition “Admirez-les tous !”
    Agenda
    122 vues

    Le Musée en Herbe met à l’honneur les Pokémon et fête leur 30 ans avec l’exposition “Admirez-les tous !”

    À l’occasion des 30 ans de Pokémon en 2026, le Musée en Herbe, avec la complicité de la Galerie Enrico Navarra a souhaité rendre hommage à ce symbole majeur de la Pop culture, en lui consacrant une exposition (non...

    Ce week-end à Paris… du 17 au 19 avril
    Art
    672 vues

    Ce week-end à Paris… du 17 au 19 avril

    Art, spectacle vivant, cinéma, musique, ce week-end sera placé sous le signe de la culture ! Pour vous accompagner au mieux, l’équipe Artistik Rezo a sélectionné des événements à ne pas manquer ces prochains jours ! Vendredi 17 avril...

    B.R.E.T.O.N.S dévoile leur nouvel album “D.A.O.U” et annonce leur concert le 25 avril au Café de la Danse
    Agenda
    714 vues

    B.R.E.T.O.N.S dévoile leur nouvel album “D.A.O.U” et annonce leur concert le 25 avril au Café de la Danse

    Le groupe de rock celtique B.R.E.T.O.N.S présente son deuxième album, “D.A.O.U” (“deux” en breton). Plus rock et intense, il mêle l’énergie brute des guitares saturées aux cultures celtiques, tout en explorant récits historiques et engagements sociaux. Ne manquez pas...