Bill Viola au Grand Palais : une expérience totale
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Bill Viola
Du 5 mars au 21 juillet 2014
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Du 5 mars au 21 juillet 2014Au traditionnel pinceau de l’artiste, Bill Viola substitue une caméra. A l’aide de son objectif il nous capte, nous plonge dans un état hypnotique, au sein d’un monde harmonieux d’émotions, de sensations, de spiritualité et de poésie. Un véritable parcours initiatique. A travers vingt oeuvres phares, le Grand Palais consacre, jusqu’au 21 juillet 2014, la première grande rétrospective française dédiée à Bill Viola, le pape de l’art vidéo. Méconnu en France, ce pionnier a déjà fait le tour des plus grands musées du monde. Immersion dans un univers
Entre le réel et le rêve, la conscience et l’inconscient, la perception et l’illusion, l’eau et l’air, le visible et l’invisible ou encore le commencement et la fin…Bill Viola joue avec ces couples d’opposés qui s’interpénètrent et se confondent. Comme par un savant fondu enchaîné son oeuvre gomme les frontières qui les séparent et laisse ainsi entrevoir un Tout englobant, un Cosmos harmonieux, tel un liquide amniotique originel. Un autre temps Le « pinceau numérique » que constitue la caméra donne vie à des tableaux en plusieurs dimensions. Outre la dimension sonore, le temps, « matière première du film et de la vidéo » est l’une des clés de l’oeuvre. « Sculpter du temps », c’est ainsi que l’artiste décrit son travail dans son « Journal » (1989). Et ce ne sont pas les expérimentations qui manquent. Arrêts sur image, ralentis, retours en arrière, couches de temps parallèles… [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=r3OqnXzrJZo[/embedyt] Ce temps étiré caractéristique tranche avec le rythme de la télévision, du clip ou de la publicité. L’artiste va à contre-courant d’une société où règnent la rapidité et l’urgence. Dans ce temple à part que constitue l’exposition, le temps se déguste, se respire pleinement, s’explore à l’infini. Bill Viola nous invite à laisser aux vestiaires nos habitudes de consommateurs pour devenir contemplateurs. L’évolution de la technologie permet à Bill Viola de se confectionner une riche boîte à outils. Caméra de vidéosurveillance destinée aux banques, à infrarouge et noir et blanc pour les images nocturnes, écran plasma ou LCD, variété des zooms et objectifs. Une large palette de techniques grâce auxquelles le vidéaste repousse sans cesse les limites de notre perception. À la pointe de la technologie et des techniques les plus avancées, l’artiste n’oublie pas pour autant ses fondamentaux et puise aux sources de la tradition picturale. Son oeuvre se nourrit de références iconographiques classiques et chrétiennes, de Giotto (Going Forth By Day, 2002), à Goya (The Sleep of Reason, 1988) ou à Jérôme Bosch (The Quintet of the Astonished, 2000). Une expérience spirituelle et poétique
Mais l’expérience à laquelle nous sommes conviés s’avère avant tout personnelle, introspective. « Le paysage est le lien entre notre moi extérieur et notre moi intérieur », affirme Bill Viola. L’espace représenté et l’espace mental se confondent. The Sleep of Reason (1988) qui requiert une pièce entière nous invite dans l’espace mental d’un dormeur dont les rêves sont projetés sur les murs. L’oeuvre qui nous confronte à la vie, à la mort, soulève des questionnements métaphysiques fondamentaux. L’exposition est organisée autour des trois questions : « Qui suis-je ? Où suis- je ? Où vais-je ? » {dmotion}x1cr77s{/dmotion} À découvrir sur Artistik Rezo :
[Visuels : Bill Viola, Ascension (2000), Photo Kira Perov ; Going Forth By Day (detail) (2002) « The Deluge », Photo Kira Perov ; The Sleep of Reason (detail) (1988) Photo Kira Perov]
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Fidèle disciple des enseignements du maître zen Daien Tanaka, rencontré lors d’un séjour au Japon en 1980, Bill Viola considère l’art comme « un exercice spirituel ». Son intérêt pour les religions du monde, nourri par de nombreux voyages, imprègne son oeuvre. Leurs symboliques et imageries émaillent ses vidéos ; l’inondation renvoie au Déluge, les flammes rappellent l’Enfer. 




