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    Bill Viola au Grand Palais : une expérience totale

    2 avril 2014
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    bill-viola

    Bill Viola

    Du 5 mars au 21 juillet 2014
    Tous les jours de 10h à 22h (fermeture à 20h le dimanche et lundi)
    Fermeture hebdomadaire le mardi

     

    Grand Palais
    Entrée Champs-Elysées
    75008 Paris

    www.grandpalais.fr

     

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    Du 5 mars au 21 juillet 2014

    Au traditionnel pinceau de l’artiste, Bill Viola substitue une caméra. A l’aide de son objectif il nous capte, nous plonge dans un état hypnotique, au sein d’un monde harmonieux d’émotions, de sensations, de spiritualité et de poésie. Un véritable parcours initiatique.

    A travers vingt oeuvres phares, le Grand Palais consacre, jusqu’au 21 juillet 2014, la première grande rétrospective française dédiée à Bill Viola, le pape de l’art vidéo. Méconnu en France, ce pionnier a déjà fait le tour des plus grands musées du monde.

    Immersion dans un univers

    Capture_decran_2014-03-31_a_16.24.58L’eau, le feu, la forêt, des espaces naturels ou artificiels étrangement calmes dégagent un souffle mystérieux, nous plongent dans une étonnante quiétude, un état quasi-hypnotique. Comme suspendus dans un temps étiré, des événements surgissent, disparaissent. Des silhouettes humaines se devinent, s’estompent, telles des apparitions. Elles nous invitent à nous fondre avec elles dans l’écran pour passer de l’autre côté des images. 

    Entre le réel et le rêve, la conscience et l’inconscient, la perception et l’illusion, l’eau et l’air, le visible et l’invisible ou encore le commencement et la fin…Bill Viola joue avec ces couples d’opposés qui s’interpénètrent et se confondent. Comme par un savant fondu enchaîné son oeuvre gomme les frontières qui les séparent et laisse ainsi entrevoir un Tout englobant, un Cosmos harmonieux, tel un liquide amniotique originel.

    Un autre temps

    Le « pinceau numérique » que constitue la caméra donne vie à des tableaux en plusieurs dimensions. Outre la dimension sonore, le temps, « matière première du film et de la vidéo » est l’une des clés de l’oeuvre. « Sculpter du temps », c’est ainsi que l’artiste décrit son travail dans son « Journal » (1989). Et ce ne sont pas les expérimentations qui manquent. Arrêts sur image, ralentis, retours en arrière, couches de temps parallèles…

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    Ce temps étiré caractéristique tranche avec le rythme de la télévision, du clip ou de la publicité. L’artiste va à contre-courant d’une société où règnent la rapidité et l’urgence. Dans ce temple à part que constitue l’exposition, le temps se déguste, se respire pleinement, s’explore à l’infini. Bill Viola nous invite à laisser aux vestiaires nos habitudes de consommateurs pour devenir contemplateurs.

    L’évolution de la technologie permet à Bill Viola de se confectionner une riche boîte à outils. Caméra de vidéosurveillance destinée aux banques, à infrarouge et noir et blanc pour les images nocturnes, écran plasma ou LCD, variété des zooms et objectifs. Une large palette de techniques grâce auxquelles le vidéaste repousse sans cesse les limites de notre perception. À la pointe de la technologie et des techniques les plus avancées, l’artiste n’oublie pas pour autant ses fondamentaux et puise aux sources de la tradition picturale. Son oeuvre se nourrit de références iconographiques classiques et chrétiennes, de Giotto (Going Forth By Day, 2002), à Goya (The Sleep of Reason, 1988) ou à Jérôme Bosch (The Quintet of the Astonished, 2000). 

    Une expérience spirituelle et poétique

    Capture_decran_2014-03-31_a_06.45.38Fidèle disciple des enseignements du maître zen Daien Tanaka, rencontré lors d’un séjour au Japon en 1980, Bill Viola considère l’art comme « un exercice spirituel ». Son intérêt pour les religions du monde, nourri par de nombreux voyages, imprègne son oeuvre. Leurs symboliques et imageries émaillent ses vidéos ; l’inondation renvoie au Déluge, les flammes rappellent l’Enfer. 

    Mais l’expérience à laquelle nous sommes conviés s’avère avant tout personnelle, introspective. « Le paysage est le lien entre notre moi extérieur et notre moi intérieur », affirme Bill Viola. L’espace représenté et l’espace mental se confondent. The Sleep of Reason (1988) qui requiert une pièce entière nous invite dans l’espace mental d’un dormeur dont les rêves sont projetés sur les murs. L’oeuvre qui nous confronte à la vie, à la mort, soulève des questionnements métaphysiques fondamentaux. L’exposition est organisée autour des trois questions : « Qui suis-je ? Où suis- je ? Où vais-je ? »
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    La pureté et la qualité des images et des couleurs, l’épuration des lignes saisissent par leur intensité, leur charge émotionnelle et symbolique, dans une expérience hautement poétique. Fire Woman (2005) représente une silhouette de femme se dessinant dans l’obscurité face à un mur de flamme. Les mots ne suffisent plus. Il faut le vivre !

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    À découvrir sur Artistik Rezo : 
    Les expositions les plus attendues en 2014 à Paris

    [Visuels : Bill Viola, Ascension (2000), Photo Kira Perov ; Going Forth By Day (detail) (2002) « The Deluge », Photo Kira Perov ; The Sleep of Reason (detail) (1988) Photo Kira Perov]
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