Défis de la photo – rencontres d’Arles
C’est une bonne nouvelle pour le photojournalisme français. Après sa mise en liquidation judiciaire, le groupe Eyedea – comprenant notamment les agences photographiques Gamma, Rapho ainsi que le fonds Keystone – a été repris le 6 avril par François Lochon, photographe chez Gamma depuis 1974. « Ce projet évite ainsi la dispersion d’un pan extrêmement riche de notre patrimoine photographique et de l’histoire du photojournalisme français », s’est félicité Frédéric Mitterrand. Depuis plusieurs mois, la situation de ces sept agences de presse était particulièrement préoccupante. Les causes de leurs difficultés sont multiples, à commencer par l’évolution du marché de la presse et le développement des médias en ligne. Avec la reprise d’Eyedea, ce sont plusieurs pistes qui s’ouvrent. « L’amélioration de la diffusion des fonds de ces agences et de leur connaissance par le grand public doit être un objectif partagé par les entreprises et par le ministère », a souligné Frédéric Mitterrand, ajoutant qu’il demandait à la « Réunion des musée nationaux (RMN), au travers de son Agence photographique, d’étudier rapidement la possibilité d’un accord de diffusion croisée d’une partie représentative du Fonds Keystone, dont le groupe Eyedea se trouvait propriétaire ». Outre ces partenariats, d’autres priorités se font jour : elles touchent les conditions d’exercice du métier de photojournaliste, l’aide à la production et la protection, la valorisation de ce patrimoine d’exception… Conscient que se joue là l’une des cartes du pluralisme de l’information, le ministre a confié à l’Inspection générale des affaires culturelles une mission d’étude sur le photojournalisme dont les premiers résultats sont attendus au printemps 2010.
Quelques jours avant la reprise du groupe Eyedea, Frédéric Mitterrand mettait en place une mission d’ensemble pour la photographie au sein du ministère de la Culture et de la Communication. Son but ? Donner une nouvelle impulsion à ce domaine en proposant d’en rendre l’approche plus « globale » et « cohé- rente ». Confiée le 25 mars à Daniel Barroy, ancien directeur régional des affaires culturelles, et à Manuel Bamberger, directeur de projet pour la mise en place d’un Centre du patrimoine et de la photographie à Charenton-le-Pont, elle intervient à un moment où la révolution numérique a commencé à modifier de manière importante de nombreux paramètres de la photographie – créatifs, patrimoniaux ou économiques.
Ses premiers objectifs seront patrimoniaux. Le nombre de fonds photographiques existant aujourd’hui en France représente une somme de données considérable. Car ces fonds sont de nature très différente. Nationaux, publics ou privés, ils constituent, selon une première typologie, une documentation irremplaçable sur l’évolution de notre patrimoine, une information résultant des agences de presse et du photojournalisme ou des oeuvres résultant d’une approche artistique de la photographie. Face à leur manque de « lisibilité globale », la mission pour la photographie devra « organiser la poursuite du repérage de ces fonds constitués » et en « proposer une approche nationale cohérente ». Le but ? « Permettre à la fois de préserver et transmettre les fonds photographiques, notamment ceux qui sont menacés de disparition ou de dispersion ». A ces importants objectifs d’inventaire et de conservation, s’ajoute celui de proposer de nouveaux moyens d’enrichissement des collections publiques, « en créant notamment une commission des dons et legs ». Enfin, la mission définira « une politique d’expositions qui permettra de toucher un plus large public » pour renforcer la diffusion de la photographie et promouvoir les richesses que ces fonds recèlent.
L’autre objectif concerne la numérisation. Les transformations qu’elle a apportées au monde de la photographie sont elles aussi considérables. Pour y répondre, la mission sera chargée de réfléchir afin d’adapter l’action publique aux mutations techniques et économiques du secteur et à son évolution. Pour « concevoir une politique de diffusion numérique de ces fonds », elle « veillera à ce que leur inventaire soit homogène au niveau national, afin d’en permettre la meilleure exploitation possible ». « Le Grand Emprunt, pour lequel mon ministère a obtenu pas moins de 750 millions d’euros, nous permet d’avoir les moyens de nos ambitions dans ce domaine crucial de la numérisation des fonds photographiques », a souligné le ministre. A l’heure des défis, l’ambition pour la photographie est de retour.
Paul-Henri Doro pour le magazine Culture Communication.
A retrouver sur le site du magazine.
Défis de la photo
Du 3 juillet au 6 septembre, se tiendra la 41e édition des Rencontres d’Arles
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