Gérard Stricher – galerie Schwab Beaubourg
Autodidacte issu d’une famille d’artistes, brillant ingénieur se rêvant peintre, Gérard Stricher le devient en 2007 lorsqu’il expose pour la première fois ses toiles à l’Espace Commines. Il se rend aux Etats-Unis, rencontre collectionneurs et galeristes sans abandonner pour autant le marché de l’Art parisien.
Il n’est jamais facile de rattacher la créativité d’un artiste à une école, le critique d’art tombant facilement dans l’erreur de la « surinterprétation ». Néanmoins, il est possible d’affirmer que les œuvres de Gérard Stricher (Le Borgne et le papillon, huile sur toile, 1,46 x 1,14 m ; Le Cri, huile sur toile, 1,46 x 1,14 m ; Vent d’automne, huile sur toile, 1,3 x 0,97 m) s’inscrivent dans la continuité de l’Histoire de l’art occidental dont les points de repère sont la Querelle du Coloris opposant Rubens à Poussin, l’intériorité du sujet exaltée par les Romantiques européens du XIXe siècle et, à la veille de la Première Guerre Mondiale, le rejet audacieux de l’académisme figuratif par Braque, Picasso et Kandinsky.
Faut-il donc lier l’art de Stricher à l’abstraction lyrique ? La réponse se doit d’être nuancée lorsqu’on contemple successivement Intérieur rouge (huile sur toile, 1,00 x 0,73 m) et La petite Lily (technique mixte sur papier, 0,46 x 0,61 m). La première composition évoque l’évolution progressive de Kandinsky (1896-1914) vers un art de pure intériorité, indifférent aux exigences de l’espace et « aniconique ». Ce dégradé subtil de bleus, oranges et rouges violacés pourrait symboliser les différents états d’âme de l’Homme ou alors il ne signifie rien ! Quant à la seconde, elle se rapproche de l’œuvre précédemment décrite par le talent de coloriste que s’avère être Stricher. Néanmoins, il nous est facile de reconnaître le visage d’une fillette — à moins que ce soit une espiègle jeune femme ? — au visage incliné vers la droite. Ce parti pris de représenter un visage aux contours peu affirmés, vu de face ou trois-quarts, se concrétise dans La Gitane (huile sur toile, 1,9 x 1,58 m), L’Amant de Blanche-Neige (huile sur toile, 1,46 x 1,14 m), ainsi que La Tête de Shaman (huile sur toile, 1,46 x 1,14 m). Le « non-sujet » qui caractérise ses œuvres atteste non pas le goût du peintre pour le portrait mais celui pour les passions dont les expressions sur la figure humaine en sont les traces !
L’œuvre de Gérard Stricher résume bien la dialectique de l’art occidental : l’abstrait au détriment de la figure mais sans la renier durablement et la liberté d’abolir les lois « classiques » de l’esthétique pour l’accomplissement de l’Art. Stricher est travaillé par cette tension. Quoi de plus éloquent que ses toiles ?
François Terriez
Galerie Schwab Beaubourg
35, rue Quincampoix
75004 Paris
www.galerieschwabbeaubourg.com
[Visuel : Gérard Stricher, Antares. Huile sur toile. 114×146 cm]
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