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    Les idiots – Théâtre Darius-Milhaud

    Agathe Louis 2 mars 2018
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    Ils sont quatre adolescents, entre 13 et 19 ans. De la vie, ils attendent tout,
    l’amour surtout. Ils ne trahiront pas leurs désirs, ils préféreront encore renoncer à eux-mêmes.

    Autour d’eux, les adultes en électrons perdus — le père, la mère, une femme, un conducteur de train, un flic — qui les croisent, les frôlent, sans les arrêter dans leur course.
    On dit, les idiots. Ces idiots ne sont pas idiots. Ils ont développé leur intelligence
    en dehors des règles. La véritable intelligence n’est pas de savoir ce que tout le monde sait. C’est d’inventer sa vie.

    Note de l’auteure

    “J’ai écrit la première version des Idiots, il y a exactement vingt ans.

    Que, vingt ans plus tard, de jeunes comédiens âgés d’une vingtaine d’années, aient envie de jouer et de mettre en scène ce texte, représente une forme d’aboutissement pour moi, mais pas seulement, pour la littérature dramatique contemporaine en général. Si les textes passent les années et se retrouvent comme neufs dans le désir de jeunes artistes, c’est qu’ils sont à la bonne place, ils touchent le noyau de l’être, une forme de vérité, au-delà de toute actualité.
    Pour Les Idiots, j’étais partie de deux faits divers, l’un très connu à l’époque – le casse et la fusillade avec Florence Rey et Audry Maupin -, l’autre, trouvé dans un entrefilet d’un journal de la Meuse.
    Mais comme je l’écrivais alors dans les notes qui accompagnaient l’écriture des Idiots : “Ce ne sont pas des faits divers. Ni des tranches de vie. C’est à dire que ce n’est ni de la soupe refroidie, ni du bifteck saignant. Les personnages parlent pour décoller la peur qui leur tient à la peau, qu’on leur colle à la peau. Pour essayer d’avoir moins peur, les uns des autres, et d’eux-mêmes aussi. La peur est peut-être à son maximum quand ils se retrouvent seuls.” Et ceci encore, à quoi je ne changerai pas un mot :“C’est l’histoire d’une famille. Les déchirements. Les possibilités aussi, offertes et pas prises, les abandons, les renoncements. Des gens qui se cherchent. D’autres qui ne se cherchent plus. D’autres qui veulent qu’on les trouve. D’autres qui veulent qu’on les empêche de se trouver et de trouver. Une telle perte de confiance qu’on préfère se perdre, qu’on demande à l’autre de nous perdre. Le pire est là, le plus grand désespoir. La majorité des gens vivent comme ça maintenant.”
    Soit le monde ne change pas beaucoup, soit les constantes intimes de l’humanité, sans cesse réactivées par l’Histoire sociale, économique, politique, s’expriment de la même façon. Dans les deux cas, le théâtre joue un rôle essentiel, ne pas laisser émotions et actes sans mots. Ne pas taire nos parts obscures. Ne pas céder sur nos désirs. Explorer ce qui fait de nous des êtres en perdition et en construction.

    Ne pas laisser les clichés écraser les singularités. Ne pas renoncer à notre envie
    de grandir.”

    Claudine Galea
    Avril 2017

    La pièce sera jouée prochainement au Festival A Contre Sens organisé par La Sorbonne Nouvelle, le 15 mars 2018 à 21h et le 28 mars 2018 à 12h.
    Plus d’informations ici.

    Le saviez-vous ?

    * Pièce nominée au 1er Grand prix de littérature dramatique, remis lors de la cérémonie des Molières 2005.
    * Pièce sélectionnée par le Bureau des lecteurs de la Comédie-Française

    [Source : communiqué de presse]

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