John Currin – Gagosian Gallery
Les peintures ambitieuses de Currin séduisent, dégoutent, surprennent et déconcertent.
Sa technique magistrale s’accomplit dans l’examen approfondi et l’imitation des techniques, des rythmes graphiques, des surfaces raffinées, caractéristiques de la peinture nord européenne des XIV ème et XVI ème siècles ; tandis que ses sujets érotiques sont en désaccord avec les discours à la mode et les principes de l’art contemporain. Puisant son inspiration dans des sources aussi diverses que les portraits des maîtres anciens, les pin-ups, la pornographie et les films de série B, John Currin peint des images de femmes idéalisées mais provocatrices : des nymphes vigoureuses à des matrones austères en passant par des figures féminines plus éthérées. À travers son œuvre, il demeure fidèle à la recherche du parfait équilibre entre le beau et le grotesque.
Les peintures récentes de Currin présentent une plus grande complexité dans le traitement de l’arrière-plan. Dans l’oeuvre Tapestry (2013), une femme moderne, habillée de manière décontractée, est représentée dans le style baroque cher à l’artiste. Son jean déchiré et sa blouse bohème à l’allure campagnarde sont en contraste avec la manière élaborée dont elle est peinte. Sa silhouette, délicatement soignée et aux couleurs vives, se détache de l’arrière-plan mouvant, proche de la grisaille, constitué de motifs floraux, de tissus légers et de corps flous entrelacés atteignant l’extase sexuelle. Réunissant un mélange enivrant de techniques historiques, d’humour et de fantaisie, Currin continue à provoquer et à titiller.
John Currin est né en 1962 à Boulder, dans le Colorado. Il vit et travaille à New York. Son travail est représenté dans des collections de musées à travers le monde parmi lesquels : le Musée d’Art Moderne, New York ; le Whitney Museum of American Art, New York ; le Museum of Contemporary Art, Los Angeles ; le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, D.C. ; le Walker Art Center, Minneapolis ; le Art Institute de Chicago ; le Des Moines Art Center ; la Tate Collection, Londres et le Centre Georges Pompidou à Paris.
Parmi les expositions muséales majeures on peut compter : « John Currin: Works on Paper » au Des Moines Art Center (2003, exposition itinérante au Aspen Art Museum ensuite) ; « John Currin » au Museum of Contemporary Art de Chicago (en 2003, puis à la Serpentine Gallery à Londres et au Whitney Museum of American Art à New York en 2004) ; « John Currin » au DHC/ART, à Montreal (2011) ; et « John Currin meets Cornelis van Haarlem » au Frans Hals Museum à Haarlem aux Pays-Bas (2011-2012).
John Currin
Du 21 octobre au 21 décembre 2013
Du mardi au samedi, de 11h à 19h
Vernissage le 21 octobre de 18h à 20h
Gagosian Gallery
4, rue de Ponthieu
75008 Paris
Articles liés

“Pourquoi les gens qui sèment” ou l’aventure périlleuse d’une Antigone moderne
Pourquoi doit-on abandonner sa conscience au profit du législateur ? Comment s’adapter à l’ordre établi quand notre coeur, notre sens du devoir et de la justice sont mis en danger ? Au Théâtre Lepic, quatre comédiens s’enflamment pour défendre...

“La Folle Journée ou le Mariage de Figaro” : une réussite signée Alain Françon
Au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Vincent Dedienne enfile avec virtuosité le costume du plus célèbre valet du théâtre français, Figaro, face à Micha Lescot éblouissant dans celui du Comte Almaviva. Dans une mise en scène rythmée comme une...

Découvrez Patrick Chanfray dans son spectacle “Advienne que devra” au Point Virgule
On sait tous que “c’est beau la vie, pour les grands et les petits !” Mais que “la vie, la vraie” c’est pas si facile. Alors “venez comme vous êtes” et on essaiera de comprendre pourquoi tout nous pousse...






