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Pierre Vaneck – hommage

31 janvier 2010
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« Il est décédé ce matin à l’hôpital des suites d’une opération cardiaque qu’il n’a pas supportée », a déclaré à l’AFP son agent, Marie-Laure Munich, saluant « un immense acteur de théâtre et un homme d’une grande humanité ».

 

Né le 15 avril 1931 à Lang-Son (Indochine) sous le nom de Pierre Van Hecke, il a accompli son parcours artistique avec un certain dilettantisme qui l’aura sans doute privé de quelques grands rôles.

 

Après un passage au Conservatoire marqué par son absentéisme, il fait presque simultanément, au milieu des années 50, ses débuts au cinéma et au théâtre. Sur grand écran, il promène sa belle tête blonde dans “Marianne de ma jeunesse” (1955) de Julien Duvivier. Il tourne en 1956 avec Jules Dassin (“Celui qui doit mourir”) et Sacha Guitry (“Si Paris m’était conté”). La critique a tôt fait de voir en ce jeune premier le nouveau Gérard Philipe, mais Pierre Vaneck n’est pas du genre à échafauder un plan de carrière.

 

« J’ai fait quelques bêtises mémorables. Quand j’étais jeune, j’ai refusé “La Vérité” de Clouzot et “Les Amants” de Louis Malle. J’avais quoi ? 25 ans, un manque de discernement total et puis, je crois, un orgueil ! », confiera-t-il au Nouvel Observateur.

 

Assez vite, c’est le théâtre qui lui offre ses plus beaux rôles. Ami d’Albert Camus, dont il joue « Les Possédés » sous sa direction en 1959 avec Michel Bouquet au Théâtre Antoine, Pierre Vaneck est de l’aventure du Festival d’Avignon avec Jean Vilar (« La Guerre de Troie n’aura pas lieu » de Giraudoux) en 1963 et Georges Wilson en 1964 (« Luther » de John Osborne) et 1965 (« Hamlet » de Shakespeare).

 

C’est grâce à ces séjours chez les Papes que Pierre Vaneck fera la connaissance des monts du Luberon, où il passera désormais le plus clair de son temps, y menant une vie de paysan entretenant amoureusement ses cerisiers.

 

L’acteur reste à bonne distance des mondanités parisiennes, mais le métier d’acteur se rappelle à lui. En 1988, il reçoit le Molière du meilleur comédien dans un second rôle pour “Le Secret” d’Henri Bernstein au Théâtre Montparnasse. Puis il y a l’aventure d'”Art”, le triomphe de Yasmina Reza, qu’il crée en 1994 aux côtés de Fabrice Luchini et Pierre Arditi et joue des centaines de fois.

 

« C’est quelqu’un qui a beaucoup compté dans ma vie professionnelle. C’était une personnalité humainement très rare, il n’était pas du tout dans le show-biz. C’était un acteur délicieux, une personne attentive », a témoigné dimanche Yasmina Reza.

 

Doté d’un « métier considérable » et capable « d’aller au plus profond (d’un rôle) sans jamais utiliser de faux semblants » selon Pierre Arditi, Pierre Vaneck n’aura pas snobé la télévision et ses emplois plus populaires. Parvenu à la maturité, l’acteur a fait le bonheur de sagas estivales comme « Orages d’été », « Les Coeurs brûlés » et « Les Grandes Marées » dans les années 90.

 

Il était marié à Sophie Becker, fille et soeur des réalisateurs Jacques et Jean Becker, et avait transmis l’amour du jeu à ses petits-enfants Aurélie et Thibaud Vaneck, deux acteurs de la série télévisée à succès « Plus belle la vie ».

Avec AFP – Benoît Fauchet

 

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