Vincent Beaurin – Galerie Laurent Godin
Chaque œuvre prend position dans l’espace comme autant de lieux qui constituent le paysage. Ces lieux attirent et produisent un effet que certains ont appelé, en raison de son caractère peu ordinaire, l’aura. Ce rayonnement correspond mieux à ce que l’on désigne en physique par gravitation et force électromagnétique. Un lieu peut à ce point se signaler qu’il se distingue par sa présence.
Vincent Beaurin articule ici, sous une lumière crue, des volumes entropiques aux couleurs atmosphériques et comme calcifiés, avec une déesse en gloire de l’Égypte ancienne, Bastet.
Si beaucoup d’artistes se sont référés à l’ouvrage d’Eugène Chevreul, La loi du contraste simultané des couleurs, depuis sa parution en 1839, (Robert Delaunay signait Le Simultané), Vincent Beaurin parle aussi volontiers de Goethe et de son Traité des couleurs publié en 1810 et plus particulièrement du chapitre qui concerne les couleurs physiologiques, celles que l’oeil produit après avoir été sollicité par une image ou par une simple pression du doigt sur la paupière.
« Le bleu du ciel nous révèle la loi fondamentale de la chromatique. »
J.W. Goethe, Traité des couleurs, 2ème éd. revue et augmentée, Paris, Triades, 1980, page 59.
« Les couleurs ont une ombre. Celle-ci les contient toutes et actives. Chaque couleur se transmue en un spectre mouvant. Je joue d’inversions, de commutations. Parfois l’ombre est plus prégnante que la couleur visible. De même, la masse ou l’intérieur d’une statue est un gouffre. On dit d’une couleur complexe, de celles qui peuvent être réalisées par le mélange d’une part de chacune des trois zones principales du cercle chromatique, qu’elle est rabattue. C’est ignorer ce qui sourd en elle. Souvent, une couleur vive est en appel, suspendue au centre d’une dépression que l’altération féconde. »
V. Beaurin, Vincent Beaurin / Le spectre / Dans l’atelier de Cézanne, Paris, Skira Flammarion, 2010, p°9.
Vincent Beaurin, avec des moyens rudimentaires, du polystyrène, de la résine, des sables de couleur, un grattoir qu’il s’est lui-même fabriqué et quelques lames de scies produit des oeuvres radicales, souvent hypnotiques et que toujours il souhaite apaisantes. Ses œuvres font partie des collections : du FNAC, du Centre George Pompidou, de la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, du MUDAM au Luxembourg, du Musée de l’Atelier de Cézanne (Aix-en-Provence), de la collection Claude Berri…
Vincent Beaurin
Du 12 janvier au 25 février 2012
Du mardi au samedi, de 11h à 19h
Vernissage le jeudi 12 janvier 2012, de 18h à 21h
Galerie Laurent Godin
5, rue du grenier Saint-Lazare
75003 Paris
A découvrir sur Artistik Rezo :
– Agenda des vernissages en janvier 2012
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