Antonio Gallego, membre de Banlieue-Banlieue
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Antonio Gallego, membre de Banlieue-Banlieue |
Plasticien, dessinateur, peintre, éditeur, professeur… Il faut au moins tous ces mots pour définir Antonio Gallego. En tant que street-artiste, il s’est fait un nom dans les années 80 au sein du groupe Banlieue-Banlieue. En solo, il s’est aventuré dans le dessin, la peinture, l’édition, et plus tardivement l’enseignement. A l’occasion du retour de Banlieue-Banlieue sur le devant de la scène, Antonio Gallego nous a raconté ses histoires.
Je suis un artiste plasticien, mais aussi dessinateur, peintre, installateur, éditeur. Chacune de ces techniques peuvent se retrouver dans une œuvre, ou bien faire l’objet de réalisations en soi. J’utilise de multiples supports et matériaux. Je suis associé au mouvement d’art urbain, mais c’est l’urbanité sous toutes ses formes qui m’intéresse. Le street-art permet d’interroger la citoyenneté du passant au-delà de la réception du message. C’est faire signe, dans l’espace urbain.
J’ai aussi beaucoup travaillé en groupe. Il y a Banlieue-Banlieue bien sûr, mais aussi le collectif « Un Nous », un projet constamment en évolution et engagé. Il se compose de José Maria Gonzalez (également membre de Banlieue-Banlieue), Patrick Pinon alias PP (qui réalise des portraits en linogravure d’après photo) et Roberto Martinez, dont la spécialité est de remplacer des slogans par le texte. C’est une sorte de joli chaos organisé, composé par des artistes qui se connaissent bien. En 2014, un livre anniversaire de la revue Rouge Gorge est sorti aux éditions h’Artpon. Quelle est son histoire ? On parle du retour de Banlieue-Banlieue, avec une exposition rétrospective à Guyancourt, la sortie d’un livre et de nouvelles créations en 2017. Vous retrouvez vos habitudes de travail ou vous sentez que vous avez chacun évolué ?
Qu’en est-il de l’actualité du nom « Banlieue-Banlieue » ? Banlieue-Banlieue était revendiqué comme un lieu de création décentralisé, en réaction aux expositions du Centre Pompidou, et à la concentration de l’art dans la capitale en général. La banlieue était un lieu à part, isolé, qu’on s’est efforcé de s’approprier comme lieu de création propre. Depuis les révoltes des banlieues en 2005 on est dans un rapport différent à l’espace périphérique, même le sens du mot a évolué. Autrefois les banlieues recoupaient de grands ensembles, et prétendaient à une certaine modernité, alors qu’aujourd’hui les banlieues sont synonymes d’isolement, de ségrégation sociale. Quels sont vos projets à venir en 2017, personnels et collectifs ? Anna Maréchal |
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Mon travail le plus récurrent, c’est la superposition de ces techniques. Je récupère des maquettes de villes que je rends complètement schizophrènes, des sortes de cités fantasmagoriques. Je les photographie, les imprime en sérigraphie, puis commence le travail de peinture et de collage éventuellement. J’ajoute des figurines, des slogans, des abstractions… La figure mythologique d’Icare, ange déchu, revient souvent dans ces compositions. Je les réalise en série, en soulignant soit la forme, soit l’aspect pictural, le sujet.
Rouge Gorge, c’est une exposition en soi. C’est une revue apériodique et atextuelle que José Maria et moi-même avons créée en 2003. Nous avons édité 12 numéros depuis, dont les formats variaient au même titre que ses collaborateurs, des dessinateurs invités sans contrainte thématique ou générationnelle. Pour les 10 ans, nous avons voulu, avec le soutien
C’est à l’initiative d’Alain Campos, que José Maria Gonzalez, et moi avons réalisé de nouvelles images. Ivan Sigg et Kenji Suzuki, les deux autres Banlieue-Banlieue, ont accepté l’exposition rétrospective mais ne se sont pas engagé dans ce nouveau projet. Ils exposerons en avril 2017 ensemble au Japon sous leur propre nom. Donc c’est vrai que le groupe a continué de vivre assez librement.




