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    Le musée Rodin s’installe à Bahia

    11 décembre 2009
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    Rodin en son royaume.

    En 1916, Rodin donnait l’ensemble de ses oeuvres à l’Etat français à condition qu’elles soient logées là où le sculpteur avait son atelier, à l’Hôtel de Biron, rue de Varenne, à Paris – devenu le musée Rodin en 1919. Une inspiration de génie qui vaut au musée aujourd’hui d’être l’un des plus visités de France juste après le Louvre, Versailles et le musée Orsay : 700 000 visiteurs par an. Rodin aurait-il aimé qu’un musée s’ouvrît pour lui au sud-est du Brésil, dans la première capitale du pays (1549-1763), connue pour son héritage africain encore très vivant dans la culture populaire et la musique ? Aurait-il aimé ce fier palais à l’allure coloniale, dans le quartier historique de Salvador, rue Graça ?

     

    Son parc à la végétation exubérante transformé depuis 2002 en jardin de sculptures grâce à l’acquisition de plusieurs bronzes édités par le musée parisien : Le Torse de l’Ombre, La Martyre, Jean de Fiennes nu ou L’Homme qui marche sur colonne ? Certainement, oui. Il aurait follement aimé être accueilli par le gouverneur de Bahia : « Ce musée est une fête pour les Bahianais », et aider leur ville à devenir un haut-lieu du tourisme culturel. Il serait fier que ses oeuvres servent à attirer un nouveau public, en particulier les écoliers, dans ce pays où 7% seulement des 190 millions de Brésiliens fréquentent les musées. D’autant que ce musée ne serait pas une annexe, mais sa deuxième maison, un musée en soi destiné à mettre en oeuvre un projet culturel en relation avec le milieu artistique de Salvador.

    Une exposition qui va durer… trois ans. Le succès des nombreuses expositions présentées depuis 1995 à travers le pays, a donc donné l’idée d’un musée Rodin – Bahia.

    Acte 1 : en 2002, une convention autorise l’État de Bahia à constituer une collection à partir du fonds des 7 000 oeuvres du musée parisien.

    Acte 2 : le musée parisien dépose pour 3 ans un ensemble de 62 sculptures parmi lesquelles Le Baiser et Le Penseur. Aux termes d’un accord de coopération totalement inédit, le musée Rodin a pris en charge la restauration de l’ensemble des sculptures, tandis que Bahia a assuré la restauration du parc et du palais destiné à recevoir la collection, la mise en conformité, l’aménagement muséographique et le fonctionnement du musée.

    Une longue et coûteuse rénovation (environ 6 millions d’euros) qui a permis à ce palais du début du XXe siècle de retrouver toute sa splendeur.

    Quant aux oeuvres exposées, il ne s’agit pas d’originaux, mais de plâtres : l’empreinte de la sculpture après le moulage, qui porte encore la marque des mains de Rodin. Pour la conservatrice du musée, « ce sont des oeuvres uniques et rares qui permettent de comprendre le processus de création de l’artiste ». C’est le premier prêt de cette ampleur et de cette durée concédé par le musée parisien. Dans 3 ans, elles retourneront en France, mais d’autres oeuvres de l’artiste prendront leur place.


    Pauline Décot pour le magazine Culture Communication.
    A retrouver sur le site du magazine.

     

     

     


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