Madeleine Gide a inspiré la photographe Pupa Neumann
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Exposition de photographies La Madeleine de Gide Œuvres de Pupa Neumann Du 15 décembre 2016 au 9 janvier 2017 Vernissage le 14 décembre Du lundi au vendredi de 9h à 19h. Le samedi de 10h30 à 19h Entrée libre Artcurial, librairie d’art |
La librairie d’art d’Artcurial présente La Madeleine de Gide, nouvelle exposition de la photographe Pupa Neumann, du 15 décembre au 10 janvier 2017. Une série inédite consacrée à une femme peu connue du grand public, Madeleine Gide. Qui était vraiment Madeleine Gide, avec qui l’écrivain André Gide a passé plus de 40 ans de sa vie, sans même avoir posé une main sur elle ? Était-elle une femme soumise ? Une tordue ? Une idiote ? Ou simplement une femme libre ? Cette intrigue a fait fantasmer la photographe qui a d’abord présenté son travail dans le cadre du concours Photo-Roman d’Havas Paris, pour Les Rencontres de la photographie d’Arles. Le principe : mettre en images des mots. Pupa Neumann a ainsi imagé trois lignes extraites de Si le grain ne meurt d’André Gide : « Ma cousine était très belle et elle le savait. Ses cheveux noirs qu’elle portait en bandeaux faisaient valoir un profil de camée (j’ai revu sa photographie) et une peau éblouissante. »
Au lieu d’illustrer simplement le texte, Pupa Neumann a cherché à en savoir davantage sur Madeleine, cette cousine d’André Gide qui n’a jamais consommé son mariage avec lui. L’auteur l’aimait d’un amour bien trop pur pour la toucher, réservant cela aux garçons. Pour autant, cette femme s’est entièrement consacrée à lui, et aux corvées ménagères, faisant ainsi nombre de concessions. Renonçant même à sa vie de femme. Par sens aigu du sacrifice ? Madeleine avait tout pour séduire Pupa, mais la photographe a choisi d’en offrir son interprétation, sans doute éloignée de la réalité, jouant avec les codes liés à la représentation de la femme qui l’inspirent tant. Déjà, sa précédente exposition Daydream, à The Big Gallery, donnait à voir des femmes énigmatiques traçant leur chemin, se voilant la face parfois, étouffant un cri, sous cloche. Venues de nulle part, elles semblaient échapper à des destins tragiques, non sans surréalisme. Farouchement indépendantes. Quant à ses autres séries (Taille unique, Madame de, Canon de beauté, Hello Dolly !, L’Après-Coup…), elles témoignent de son engagement contre la maltraitance (de la femme et des enfants), les violences domestiques, l’atteinte aux droits de la femme.
Dans les clichés exposés, la Madeleine de Pupa Neumann apparaît femme-enfant, sage, coquine, voire perverse. Elle attend, entre un mur et une table. Dans la préface du catalogue, Nathalie Fiszman la décrit ainsi : « Elle incarne, par son teint pur et ses poses la fragilité et la grâce. Elle est tantôt sexuée, tantôt pas, illustrant ainsi son combat intérieur. On découvre une jeune femme résignée, au teint d’opale, les cheveux lisses, sur d’autres clichés, une effrontée, très sexuelle, en pâmoison, ou tenant un médaillon – religieux ? – entre les dents. Ses bras sont des cygnes, ses cheveux, un indice de son état. Parfois elle crache. Et parfois, elle redevient une petite fille qui joue avec de drôles de hochets. Elle joue, mais elle est figée. Madeleine est une poupée mécanique qui assume son destin. » Pupa Neumann a le sens de la mise en scène. L’ensemble est sophistiqué. Ses cadres sont maîtrisés. Une belle harmonie chromatique se dégage de ses images. Derrière la joie, une sourde mélancolie. Une grâce. Une présence aussi. Mais la Madeleine de Gide conserve tout son mystère. Décidément, les femmes de Pupa Neumann échappent à tout conditionnement. Quelle magnifique ode à la liberté ! Sarah Meneghello La Madeleine de Gide À découvrir sur Artistik Rezo : Sélection de beaux livres photo à offrir pour les fêtes [Crédits Photo 1 : Le Médaillon / Photo 3 : Les Cygnes / Photo 4 : Madeleine / Photo 5 : La Plume © Pupa Neumann] |
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Du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017
Fantasmes
« Une poupée mécanique qui assume son destin »



